CIRCÉ, PROLOGUE, SCÈNE II
De cet auguste roi fait briller le mérite,
Pour le suivre chacun me quille,
Et je vois mes temples déserts. Cette foule qui plait, quand même elle importune, Dédaignant mes faveurs brigue son seul appui; Il me ravit mes droits, et ce n'est plus qu'eu lui
Qu'on songe à chercher la fortune.
Jugez à me voir sans honneurs.
Jusqu'où va l'ennui qui me presse, Car c'est en vain que le nom de déesse Me fait attendre encor quelques adorateurs. De quelque rang qu'on soit, les biens seuls qu'on
Nous attirent ces vœux pressants [dispense
Dont nous aimons la déférence;
El les dieux qui sont sans puissance,
Ke reçoivent guère d'encens.
MAIiS.
Je vois venir l'Amour. Qu'aura-t-il à nous dire?