‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1161 sur 1518 · P.VLÉ.M · texte numérisé non relu

P.VLÉ.M

Célie est sans façon, et je l'aime par Ici.

CÉLIE

A quoi peut servir la grimace?

GLAUCUS

Quoi, toujours Mélicertc est aimé de Sylla, Quoique par son absence il m'ait quitté la place, 11 l'ose abandonner, sans qu'on sache en quel lieu

Son ingratitude l'entraîne;

Point d'excuses, aucun adieu, Et les soupirs d'un prince, et peut-être d'un dieu, Ne pourront contre lui révolter l'inhumaine? La constance est, sans doute, un peu hors de saison.

CÉLIE

Voilà ce que c'est qu'une femme.

Quand de l'amour le doucereux poison S'est une fois emparé de son àme.

Il la brouille si bien avecque sa raison, Que la plus noire trahison Peut à peine éteindre sa flamme.

J'ai beau, pour vous servir, peindre votre rival De toutes les couleurs qui repoussent l'estime. De son éloignement j'ai beau lui faire un crime,

Sylla soutient que je le connais mal. Et croit brûler pour lui d'un feu si légitime,

Que dans l'ardeur de le revoir, Elle veut de Circé faire agir le pouvoir.

GLAUCUS

De Circé! quoi, Célie...

CÉLIE

Oui, dès aujourd'hui même Elle songe à se rendre au palais de Circé.

GLAUCUS

Je l'aperçois qui vient. Ciel, faut-il que je l'aime,

Si de son cœur par ma tendresse extrême. Mon indigne rival ne peut être chassé?

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