SCENE III
û. JLAN, se»/.
Ful-il jamais une telle surprise?
A lui coul'esser toul, lui-iiiènic il m'autorise ; Et quand il sait le feu dont je me sens biùlcr, Il promet de se taire, et de n'en point parler. 0 trop bizarre elTet de ma Irisle l'ortune! Mais que mal à propos je vois celle importune! Tachons de l'éviter.
SCÈISE IV LÉONOli, D. JIAN, JACLME.
LÉOiNOR.
Arrêtez un moment.
Don Juan, et du moins ojez mon compliment, La civilité seule à cela vous convie : Une autre sous ses lois tient votre àme asservie, Et ce cœur si longtemps captif de ma beauté, Trouve enlin des appas dans l'infidélité? Hé bien, ce changement est assez ordinaire, Je le vois sans regret puisqu'il a pu vous plaire : Mais fuir à ma rencontre, et faire le surpiis. C'est de l'indilLcrence aller jusqu'au mépris; Souvenez-vous du moins que vous m'avez aimée.
D. JUA.\.
Dites mieux, que de moi vous fûtes estimée. Oui, madame, si j'ose euliu parler sans fard. L'amour dans mes devoirs n'eu l jamais grande part: Je vous devais beaucoup, et faisais mon possible Pour vous montrer un cœur à vos bienfaits sensible; lais il n'est plus saison de vous rien déguiser. Cessez d'être crédule et de vous abuser : D'un si cliarmaut objet je reconnais l'empire, Qu'avaut que de cliauger il faudra que j'expire.
LÉONUK, <i JucilUc.
Avec combien d'adresse il feint pour m'épiou\er!
D. JUAX.
Par vos commandements je fus hier vous trouver, En vain je vous priai de me vouloir entendre; Après ce traitement rien ne vous doit surprendre : Ne vous étonnez point de ce que je vous fuis, C'est votre ordre, madame, et je vous obéis.