I.liOXABD, bas
Le voilà tout conl'ns.
D. JUAN, bas.
Que je suis misérable!
LÉONAllU.
Je suis fort éloigné de vous croire coupable. Mais la main seulement de qui vous le tenez.
D. JUAN, bas.
Qu'à me persécuter les cieux sont obstinés !
LÉONARD
Nou,jc ne doute point, quoi qu'on m'ait voulu taire, Que qui vous l'a donué n'ait eu droit de le faire : Vous n'avez pas besoin de vous justitler. Je ne vous blâme point.
Je ne puis le nier.
J'ai votre diamant, et veux bien vous le rendre.
(/( lui rend U diauiaiil.) Mais sans doule, monsieur, on tâche à vous sur- Et si la vérité doit ici s'exprimer, [prendre;
Je suis le sinil coupable, et le seul à blâmer.
{Bus.) l'Iut^'d mourir cent fois que d'accuser Lucrèce.
LÉONARD, bas.
Plus je cache son crime, cl pins il le confesse.
I). Jl AN.
Oui, de ce procédé moi seul j'ai tout le toi-t.
Et vous dire autre chose est faire un faux rapport.
LÉONARD, bas.
A quel point son erreur le séduit et l'abuse ! Je tâche à l'excuser et lui-môme s'accuse.
D. JUAN
Je vous le dis eucor, quand je pris ce dessein...
LÉONARD
Contre la vérité vous disputez en vain.
Elle ne vous peut nuire, encor que je la sache.
D. JUAN
Puisque vous la savez, eu vain je vous la cache, Et veux dissimuler en cette occasion.
Je le confesse donc à ma confusion.
Mon vol est trop hardi, je suis un téméraire; .Mais si mon crime est tel qu'il puisse vousdéplaire. Pour ma défense au moins sachez que malgré moi D'un astre dominant j'ai reconnu la loi. Dont la nécessité m'a mis dans la contrainte De vous donner enfin juste sujet de plainte : Si le peu que je vaux me défend d'espérer. Par vos boutés, monsieur, j'ose vousconjurer...
LÉONARD
Non, non, je ne suis point un juge inexorable. Je connais trop de quoi la jeunesse est capable. Et que l'occasion force la volonté.
D. JUAN
Puisque vous l'excusez avec tant de bouté. Pour me justifier autorisez mon crime.
Rendez de mes erreurs la cause légitime. Et daignez consentir qu'à Lucrèce demain. En qualité d'époux, je donne enfin la main.
LÉONARD, bas.
A ma fille? .\ quel droit ose-t-il y prétendi'e?
D. JUAN. [dre.
Faites-moi grâce entière eu m'acceptant pourgen- Jaimai toujours la gloire; et si j'ai peu de bien. Au moins suis-je d'un sang qui ne redoute rien : Mon mal, sans ce remède, ira jusqu'à l'extrême.
LÉUNARD, bas.
Est-il dans son bon sens, ou suis-je fou moi-même? Révé-je, ou se peut-il qu'il parle tout de bon? Trouvant trop de péril au métier de larron, Aux dépens de mon bien il veut se rendre sage. Et m'ose demander ma tille en mariage.
0 le plus plaisant fou qui jamais se verra! Qu'il vole, qu'il dérobe autant qu'il lui plaira, Sans me désobliger il peut se faire pendre. Mais (|n'il n'espère pas être jamais mon gendre.
{ll.au.)
Allez, je vous promets, quoii|ue vous m'ayez dit...
D. JUAN
Votre fille, monsieur?
LÉONARD. '
Le secret, il suffit.
Adieu.