‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1190 sur 1518 · CIRCÉ, DORINE, ASTÉRIE · texte numérisé non relu

CIRCÉ, DORINE, ASTÉRIE

r.iRcÉ.

Vous parliez du prince de Thrace?

Que vous en a-t-on dit?

ASTERIE.

Que malgré les mépris Qui chaque jour augmentent sa disgrâce, C'est toujours de Sylla que son cœur est épris.

CIRCÉ

Et Mélicerte, il vous a vue?

ASTÉRIE

Il m'a de ses ennuis longtemps entretenue,

Mais en peut-on blâmer l'excès?

Après mille serments d'une entière constance. Voir son amour payé d'indifl'r'rence.

Est le déplorable succès

Qui suit sa crédule espérance.

CIRCÉ

Un charme par un autre aisément est détruit;

Et si je suis la cause de ses peines. Au moins de mon amour il tirera ce fruit. Que je saurai le rendre à ses premières chaînes.

Faites-lui toucher cet anneau ; El soudain oubliant qu'il m'ait jamais aimée,

11 se sentira de nouveau Des beautés de Sylla l'àme toute charmée.

Sa guérison dépend de vous. Allez, sans perdre temps, mettre fin à ses plaintes.

Page 1