SCÈNE VIII GLAUCUS, CIRCÉ, DORI.NE
GLAUCLS.
Le ciel enfin s'explique, et vous le devez croire, Madame, contre vous il a donne l'arrêt, Il veut que ma constance éternise ma gloire, Et je dois pour Sylla vouloir ce qui luiplait. J'ai su que dans ce bois vous l'aviez amenée. Rendez-la-moi, de grâce ; et puisqu'enfin les dieux
A ma flamme l'ont destinée.
Faites-la paraître à mes yeux.
CIRCÉ
Sylla n'est plus en ma puissance, Vénus par les Amours me la vient d'enlever, Et n'a rien commencé, prenant votre défense,
Qu'elle n'ait dessein d'achever.
Mais un si grand secours n'était point nécessaire, \ ous n'aviez qu'à cesser de vous rendre inconnu, 11 n'est rien qu'aussitôt je n'eusse voulu faire. Et Glaucus par lui-même aurait tout obtenu.
CIRCÉ
Il ne faut point vous cacher davantage, J'ai su par le Soleil votre déguisement, Et ne m'étonne plus si j'ai mis en usage Tout ce qui me devait assurer l'avantage
De vous acquérir pour amant.
Le malheureux succès d'une namme si prompte A causé quelque peine à mon cœur abusé; Mais, à quelque refus qu'il se soit exposé.
L'amour ne peut faire de honte
Quand c'est un dieu qui l'a causé.
GLAUCUS
Vous savez quelle loi le destin nous impose, C'est sans nous consulter qu'il dispose de nous ; Et lorsque de l'amour nous ressentons les coups, La nécessité qui le cause...