‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1265 sur 1518 · L'INCONNU, CTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

L'INCONNU, CTE III, SCÈNE II

LA COMTESSE

Je ne sais si pour lui j'ai plus que de l'estime; Mais de coque je sens je me tais pres(iue uu crime, Et roufçis en secret d'avoir taut de témoins Du trop de complaisance où m'engagent ses soins. Rien n'est plus oljligeant, j'en dois chérir la cause; Mais enfin il se cache, et c'est pour quelque chose. Tout galant qu'il parait, qui pourra m'assurer Qu'il mérite l'amour qu'il tâche à m'inspirer"? Il est (le riches sots, qui, i)oiir certains usages, Tiennent un bel esprit qut'li|uefois à leurs gages. Et qui, dans les plaisirs qu'ils semblent inventer, N'ont de part que l'argent qu'on leur en fait coûter. Que si, tout au contraire, il était gueux?

OLYMPE

Madame.

Tant de fêtes d'éclat qui vous prouvent sa flamme...

LA COMTESSE

Il peut vivre d'emprunt, et sur le bien d'autrui Faire, pour m'atiraper, ce qu'il ne peut de lui. Malgré moi quelquefois cette crainte m'occupe; Je n'ai point encore eu le talent d'être dupe, Et pour m'en garantir je n'épargnerai rien.

Mais si vous connaissiez sa naissance, son bien. Que tout dans sa personne...

LA COMTESSE

Et le marquis? De grâce, Si j'aime l'Inconnu, que faut-il que j'en fasse? Il n'est pas sans mérite, et doit être écouté Par lui-même, ou du moins par l'ancienneté; De tous mes protestants c'est le premier.

OLYMPE

J'avoue Qu'il a des qualités bien dignes qu'on le loue, L'air noble...

LA COMTESSE

Qui des deu.x me conseilleriez-vous, Puisque j'en ai le choix, de prendre pour époux?

OLYMPE

Moi?

LA COMTESSE

Vous vous étonnez?

0LY.\IPE.

Si...

LA COMTESSE

Parlons d'autre chose.

On VOUS trouve chagrine, apprenez-m'en la cause; Le chevalier s'en plaint, et ne sait que penser De voir qu'il ne fait plus que vous embarrasser. D'où naissent les froideurs dont son amour s'alar- OLVMPE. [me?

A ne VOUS rien cacher la liberté me charme : Je tremble; et s'agissant d'un maître à me donner, Un choix si hasardeux commence à m'élonner.

LA COMTESSE

Ce maître à recevoir, dont le choix vous étonne. Ne fait pas tant de peur quand l'amour nous le don- C'estparnotre tendresse uu mal bien adouci, [ne:

OLY.MPE.

Hé, Madame, pourquoi me parlez-vous ainsi?

LA COMTESSE

Le trouble de vos yeux me faitbeaucoup entendre; Et quand le chevalier...

OLYMPE

Vous voulez m'entreprendre, Je quitte; et me sentant trop faible conti'e vous, Je vais chercher ailleurs des ennemis plus doux.

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