I.ÉO.VOR
On perd ici l'esprit, ou je n'y connais rien. Pour qui le prenez-vous?
LÉONARD
IVladamo, il m'entend bien.
D. JUAN
Si je v(uis entends bien, certes au moins j'ignore Pourquoi j'ai mérité que l'on me déshonore; Je ne suis point voleur, el j'ai le cœur trop haut Pour souffrir qu'on m'impute un si honteux défaut : Enfin, puisque le sort à ma perte s'applique, Il faut que devant vous la vérité s'explique. J'adore votre fille, et cet objet vainqueur Depuis un an entier dispose de mon cœur. Cette bague tantôt que je vous ai rendue. C'est de sa propre main que je l'avais reçue; El si vous lui donnez liberté do pai-ler. Elle m'estime assez pour ne le point celer.
LEONARD, ù Lucrèce.
Dit-il vrai ?l.'aimcs-tu? Parle sans craindre un père.
LUCRÈCE
Puis(|ne vousm'ordonnezde nevous plus rien taire. J'avouerai que mon cœur par l'amour combattu N'a pu dr: don Juan dédaigner la vertu.
LÉONARD, lirnni D. Fernand ù pan.
De grâce, don l'ernand...
LÉONOR
Il ne le faut pas croirci Il ne fait que fourber.
LEONARD
Pour conserver ma gloire Que faut-il que je fasse?
D. FERNAND
Ouvrez enfin les yeux.
Et ne résistez plus aux volontés des cieux : Je vous en ai lanlôt déjà dit ma pensée, Que d'un semblable hymen elle était menacée; Comme un homme sans bien doit être son époux. Pour faire un meilleur choix, oii le chercherez-vous? Don Juan esl bien fait et d'illustre famille, El puisqu'avec ardeur il aime votre fille, D'un mol de votre bouche autorisant son feu, Donnez à cet hymen un généreux aveu.
LÉONAIll).
Si c'est l'ordre du ciel, je ne puis m'en défendre, Approchez, don Juan, je vous reçois pour gendre.
0 joie inespérée ! 0 suprême bonheur !
LÉONOR
Est-ce ainsi, Léonard, qu'on venge mon honneur?
LÉONARD
Le mien intéressé demanilail ce remède.
LÉONOR, à D. Juan.
Ecoute aveuglément l'ardeur qui te possède : Va, traître, rends hommage à l'infidélilé, Le ciel me vengera de ta déloyauté.
Allons, don Lope, allons, je vous tiendrai parole.