‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1314 sur 1518 · LE FESTIN DE PIERRE, ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

LE FESTIN DE PIERRE, ACTE II, SCÈNE I

J'ai cru que votre hymen, trop mal autorisé, N"élait pour tous les deux qu'un crime déguisé. Et que je ne pouvais en éviter les peines, [nés. Qu'en tàchantde vous rendre à vos premières chai- N'en doutez point; voilà, quoiqu'avec mille ennuis. Et pourquoi je m'éloigne, et pourquoi je vous fuis. Par un frivole amour, voudriez-vous, madame. Combattre le remords qui dccliire mon âme. Et, qu'en vous retenant, j'attirasse sur nous, Du ciel, toujours vengeur, l'implacable courroux?

ELVIHE.

Ah ! scélérat, ton cœur, aussi lâche que traître, Commence tout entier à se faire connaître; Et ce qui me confond dans les maux que j'attends, Je le connais enfin lorsqu'il n'en est plus temps. Mais sache, à me tromper quand ce cœur s'étudie, Que ta perte suivra ta noire perfidie.

Et que ce même ciel, dont tu t'oses railler, A me venger de toi voudra bien travailler.

SGA.NAUELLE , has.

Se peut-il qu'il résiste, et que rien ne l'étonné?

(Haut.) Monsieur...

D. JUAN

De fausseté je vois qu'on me soupçonne. Mais, madame...

ELVIRE

Il sulfit, je t'ai trop écouté.

En ou'îr davantage est une lâcheté; Et, quoi qu'on ait à dire, il faut qu'on se surmonte. Pour ne se faire pas trop expliquer sa honte. Ne te figure point qu'en reproches en l'air. Mon courroux contre toi veuille ici s'exhaler. Tout ce qu'il peut avoir d'ardeurs, de violence, Se réserve à mieux faire éclater ma vengeance. Je te le dis encor, le ciel armé iiour moi, Punira, tôt ou tard, ton manquement de foij Et si tu ne crains point sa justice blessée, Crains du moins la fureur d'une femme olfensée.

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