‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1319 sur 1518 · D. JUAN, SGANARELLE, CHARLOTTE · texte numérisé non relu

D. JUAN, SGANARELLE, CHARLOTTE

D. JUAN

Il n'y faut plus penser, c'en est fait, Sganarelle, La force entre mes bras allait meltre la belle, Lorsque ce coup de vent difficile à prévoir, Renversant notre barque a trompé mon espoir. Si par là de mon feu l'espérance est frivole, L'aimable paysanne aisément m'en console; Et c'est une conquête assez pleine d'appas, Qui, dans l'occasion, ne m'échappera pas. Déjà par cent douceurs j'ai jelé dans son âme Des dispositions à bien traiter ma flamme. On se plaît à m'entendre, et je puis espérer Qu'ici je n'aurai pas longtemps à soupirer.

SGANARELLE

Ah! Monsieur, je frémis à vous entendre dire. Quoi? Des bras de la mort quand le ciel nous retire, Au lieu de mériter par quelque amendement. Les bontés qu'il répand sur nous incessamment; Au lieu de renoncer aux folles amourettes, Qui déjà tant de fois... Paix, coquin que vous êtes. Monsieur sait ce qu'il fait, et vous ne savez, vous, Ce que vous diles.

D. JUAN

Ah 1 Que vois-je auprès de nous?

SGANARELLE

Qu'est-ce?

D. JUAN. i

Tourne les yeux, Sganarelle, et condamne | La snr])rise oii me met cette autre paysanne. D'où sort-elle? Peut-on rienvoirdepluscharniant? Celle-ci vaut bien l'autre, et mieux.

Assurément.

Page 1