‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1320 sur 1518 · LE FESTIN DE PIERRE, ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

LE FESTIN DE PIERRE, ACTE II, SCÈNE II

D. JUAN

Il faut que je lui parle.

SGANAREI.LE.

Autre pièce nouvelle.

D. JUAN

L'agréable rencontre? Et d'où me vient, la belle, L'inespéré bonlicur de trouver en ces lieux, Sous cet habit rustique, un chef-d'œuvre des cieux'?

CHAHLOTTE.

Hé, monsieur!

D. JUAX.

Il n'est point un plus joli visage.

CHARLOTTE

Monsieur.

D. Jl'AX.

Demeurez-vous, ma belle, en ce village?

CHAnLOTTE.

Oui, monsieur.

D. lUAX.

Votre nom?

CHARLOTTE

Charlotte à vous servir, Si j'en étois capable.

D. Jl-AX.

.\li ! Je nie sens ravir.

Qu'elle est belle, et qu'au cœur sa vue est dange- Pour moi... [reuse!

CHARLOTTE

Vous me rendez, monsieur, toute honteuse.

D. JUAN

Honteuse, d'ou'ir dire ici vos vérités!

Sganarelle, as-tu vu jamais tant de beautés? Tournez-vous, s'il vous plait. Que sa taille est mi-

[gnonne!

Haussez un peu la tète. Ah, l'aimable personne ! Cette bouche, ces yeux, ouvrez-les tout à fait ; Qu'ils sont beaux! Et vos dents? Il n'est rien si par- Ces lèvres on t surtout un vermeil que j'admire, [fait. J'en suis charmé.

CHARLOTTE

Monsieur, cela vous plait à dire; Et je ne sais si c'est pour vous railler de moi.

D. JUAN

Me railler de vous? Non, j'ai trop de bonne foi. Regarde cette main plus blanche que l'ivoire, Sganarelle, peut-on...

CHARLOTTE

Fi, monsieur, al est noire Tout comme je n'sai quoi.

Laissez-la-moi baiser.

CHARLOTTE

C'est trop d'honneur pour moi, j'nosrois vous refu- Mais si j'eus su tout ça, devant votre arrivée, [ser; Exprès avec du son je m'ia serois lavée.

D. JUAN

Vous n'êtes point encor mariée ?

CHARLOTTE

Oh, non pas;

Mais je dois bientôt l'ôtre au fils du grand Lucas.

I se nomme Piarrol; c'est ma tante Phlipote Qui nou fait marier.

D. JUAN

Quoi, vous, belle Charlotte, D'un simple paysan être la femme? .Non,

II vous faut autre chose, et je crois tout de bon Que le ciel m'a conduit exprès dans ce village, Pour rompre cet injuste et honteux mariage; Car enfin je vous aime, et, malgré les jaloux, Pourvu que je vous plaise, il ne tiendra qu'à vous Qu'on ne trouve moyen de vous faire paraître Dans l'éclat des honneurs où vous méritez d'être. Cetamourestbienpromptjje l'avouerai: maisquoi? Vos beautés tout d'un coup vont triompher de moi; Etje vousaimeautantjCharlollejenunquartd'heu- Qu'on aimerait une autre en six mois. [re,

CHARLOTTE

Oui?

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