SCÈNE IV D. JUAN, SGANARELLE
SGANARELLE
Qu'eu dites-vous, monsieur?
D. JUAN
La rencontre est plaisante.
SGANARELLE
M'érigeaut en docteur, j'ai là, fort à propos. Pour abuser la tante, étalé de grands mots.
D. JUAN
Où diable as-tu péché ce jargon?
SGANARELLE
Laissez faire ; J'ai servi quelque temps chez un apothicaire. S'il faut jaser encor, je suis médecin né. Mais ce tabac en poudre à la vieille donné ?
D. JUAN
Sa nièce est fort aimable, et doit ici se rendre Quand le jour...
SGANARELLE
Quoi, monsieur, vous l'y viendrez at- D. JUAN. [tendre?
Oui, sans doute.
SGANARELLE
Et de là, vous, l'épouseur banal. Vous irez lui passer un écrit nuptial?
D JUAN
Souffrir, faute d'un mot, qu'elle échappe à ma tlam-
SGANARELLE. [me?
Quel diable de métier! Toujours femme sur femme?
D. JUAN
En vain pour moi ton zèle y voit de l'embarras,
Les femmes n'en font point.
SGANARELLE
Je ne vous comprends pas.
Mille gens, dont je vois partout qu'on se contente, En ont souvent trop d'uue, et vous en prenez trente?
D. JUAN
Je ne me pique pas aussi de les garder.
Le grand nombre en cecaspourraitm'iiicommoder.
SGANARELLE
Pourq uoi? Vous en feriez un sérail. .Mais je tremble. Quel( liquetis, monsieur? Ah!
D. JUAN
Trois hommes ensemble En attaquent un seul, il faut le secourir.
SGANARELLE, Seul.
Voilà l'humeurdc l'homme. Où s'en va-t-il courir? S'aller faire échiner, sans qu'il soit nécessaire. Quels grandscoups il allonge! Il fautle laisser faire. Le plus sur cependant est de m'allcr cacher, S'il a besoin de moi, qu'il vienne me chercher.