‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1336 sur 1518 · THÉRÈSE, LÉONOR, D. JCAN, SGANARELLE · texte numérisé non relu

THÉRÈSE, LÉONOR, D. JCAN, SGANARELLE

THÉRÈSE, à Léonor.

Vraiment, j'aime assez à vous voir.

Impudente, il vous faut parler avec des hommes.

SGANARELLE

Vous ne savez pas bien, madame, qui nous sommes.

LÉONOR

Kst-ce faire du mal, quand c'est à bonne fin ? Ce monsieur-là m'a dit qu'il était médecin. Et je lui demandais si pour guérir votre asthme, Il ne savait pas...

SGANARELLE

Oui, j'ai certain cataplasme, Qui posé, lorsqu'on tombe en suffocalion, Facilite aussitôt la respiration.

THÉRÈSE

Hé, mon Dieu, là-dessus j'ai vu les plus habiles, Leurs remèdes me sont remèdes inutiles.

SGANARELLE

Je le crois. La plupart des plus grands médecins Ne sont bons qu'à venir visiter les bassins; Mais pour moi, qui va droil au souverain dictame, Je guéris de tous maux, et je voudrais, madame, Que votre asthme vous tînt du haut jusque» au bas. Trois jours mon cataplasme, il n'y paraîtrait pas.

THÉRÈSE

Hélas, que vous feriez une admirable cure!

SGANARELLE

Je parle hardiment, mais ma parole est sûre. Demandez à monsieur. Outre l'asthme, il avait Un bolus au côté qui toujours s'élevait. Du diaphragme impur l'humeur trop réunie, Le mettait tous les ans dix fois à l'agonie ; En huit jours je vous ai balayé tout cela. Nettoyé l'impur, et... Regardez, le voilà Aussi frais, aussi plein de vigueur énergique, Que s'il n'avait jamais eu tache d'asthmatique.

THÉRÈSE

Son teintest frais, sans doute, et d'un vif éclatant.

SGANARELLE

Çà, voyons votre pouls. Il est intermittent; La palpitation du poumon s'y dénote.

THÉRÈSE

Quelquefois...

SGANARELLE

Votre langue. Elle n'est pas tant sotte. En dessous, levez-la. L'asthme y paraît marqué. Ah! Si mon cataplasme était vite appliqué...

THÉRÈSE

Où donc l'applique-t-on?

SGANARELLE, lui parlant avec action, pour l'empêcher de voir que D. Juan entretient tout bas Léonor.

Tout droit sur la partie Où la force de l'asthme est la plus départie. Comme l'obstruction se fait de ce côté, Il faut, autant qu'on peut, la mettre en liberté: Car, selon que d'abord la chaleur rcstringentc A pu se ramasser, la partie est souffrante. Et laisse à respirer le conduit plus étroit. Or est-il que le chaud ne vient jamais du froid. Par conséquent, sitôt que dans une famille. Vous voyez que le mal prend cours...

LE FESTIN DE PIEllRE, ACTE III, SCÈNE V

TUBHÉSE, (1 Lionnr.

Petite fille, Passez de ce côté.

SGANARELLE, continuant.

Ne différez jamais.

D. JUAN, bas à Léonor.

Vous viendrez donc ce soir?

LÉONOR

Oui, je vous le promets.

SGAXAliEI.LE.

A vous cataplasmer commencez de bonne heure. En quel lieu faites-vous ici votre demeure"?

thi':kése.

Vous voyez ma maison.

SGAN.\RELLE, tirant sa tabatière.

Dans trois heures d'ici Prenez dans un œuf frais de cette poudre-ci, El du reste du jour ne parlez à personne. Voilà, jusqu'à demain, ce que je vous ordonne; Je ne manquerai pas à me rendre chez vous.

THÉRÈSE

Venez, vous faites seul mon espoir le plus doux. Allons, petite fille, aidez-moi.

LÉOXOR.

Çà, ma tante.

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