SCÈNE VII
D. ALVAR, D. CAUCIE, ISABELLE, JACIiNTE, GUZM.VN.
D. GARCIE
Soyez le bienvenu.
D. ALVAR
Le ciel, ô don (iarcie.
Vous comble d'un bonheur oii chacun porte envie! Vous savez ce qu'ici je viens vous demander.
D. GARCIE
Holà! des sièges.
I). ALVAR
Non, je ne saurais tarder.
(// parle bas ù D. Garde.)
0 ciel! Que vois-je? Hélas, Jacinte, c'est lui-même!
JACI.NTE.
Qui, madame?
C'est lui, cet inconnu que j'aime.
Qui m'a sauvé la vie, et dont je t'ai parlé.
D. ALVAR, (1 l>. Gnrcie.
Enfin par ces désirs mon pouvoir est réglé; Sa volonté le borne, et ma charge est expresse : Je vous dois de sa part-dcmandcr sa maîtresse, La mener en carrosse, et la suivre à cheval.
D. GARCIE, bas.
Tant de précautions sentent bien son brutal.
{liant.)
Je n'ose sur ce point vous presser davantage, Et, sans. plus différer, je consens au voyage : Vous voyez Isabelle en état de partir.
D. ALVAR, à habrlh masquée.
Des coups que vous portez on veut me garantir. Madame; et si l'on cache à ma débile vue Les célestes attraits dont vous êtes pourvue, L'on connaît que l'éclat n'en peut être souffert; Que je pourrais me perdre où tout autre se perd; Et, malgré le respect où mon ànie est forcée. Permettre pour le moins un crime à ma pensée.
Vous me confirmez bien ce qu'on m'a toujours dit. Que la civilité n'est pas toute à Madrid. Trouver lieu sans me voir <à tant de flatterie, C'est le dernier efl'et de la galanterie : Mais peut-èlre tantôt, lorsque vous me verrez. D'un pareil compliment vous vous repentirez, Vous changerez sans doute et d'âme et de langage.
D. ALVAR
Moi, madame, en changer? Ce sentiment m'outrage. Et vous devez penser qu'au mérite toujours...
C'est trop continuer d'inutiles discours. Partons, puisqu'il le faut.
D. ALVAR
11 n'est pas nécessaire Que vous quittiez Madrid pour une telle affaire.
D. GARCIE
Je ne vous suivrais point! Et par quelle raison?
n. ALVAR.
Don Bertrand le défend.
D. GARCIE
.Moi, garder la maison.
Et souffrir que d'un autre il reçoive Isabelle !