‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1376 sur 1518 · CARTEL DES TENANTS · texte numérisé non relu

CARTEL DES TENANTS

Le beaux sexe eut toujours sur les plus grandes âmes

Des avantages singuliers, Et nous rendons justice au mérite des dames,

Nous déclarant leurs chevaliers.

Ce titre dont partout nous défendrons la gloire, Nous porte à soutenir contre leurs ennemis Qu'à la beauté tout doit être soumis.

Et qu'il n'est point de si haute victoire

Dont l'espoir ne lui soit permis.

S'il se trouve des téméraires Qui veuillent appuyer des sentiments contraires,

Ds sauront par nos règlements Les armes du combat, le lieu, l'ordre, et le temps.

Clarisel le Fortuné, Almindor le Tendre. RosELOiN le Valeureux, Alberi.x le Courtois.

Le maréchal de camp général ayant pris le cartel et les ordonnances, les donne au héraut pour les présenter aux juges qui accordent le camp aux tenants; ce qui est déclaré à leur maréchal de camp. La même cérémonie s'observe pour les deux quadrilles des assaillants. Un moment après, deux Maures apportent la barrière, et l'ayant placée au milieu du camp, le quadrille des tenants tait son entrée en cet ordre. On voit d'abord paraître trois trompetles avec des banderolles incarnat et blanc, sur chacune desquelles est une différente devise des deux côtés en l'honneur des i dames. Ces trois devises sont :

De l'aimant qui attire du fer, avec ces paroles :

FOllZA e' SEGUIHn.

lUen n'est plus naturel, la beauté nous attire; Mais pour peu ([u'à la voir on se soit arrêté

S'y soumettre, en suivre l'empire

-Vux dépens de sa liberté.

Devient une nécessité

Dont le cœur ne se peut dédire.

Un diamant enchâssé dans de l'or, avec ces

mots : BELLEZZ.^ E FEiîMEZZA.

C'est peu que de leurs yeux plus brillants que le jour, L'éclat puisse asser\ir les cœurs les plus sauvages;

Pour s'assurer de longs hommages,

La fermeté de leur amour Sur leurs adorateurs a de grands avantages.

LE TRIOMPHE DES DAMES, ACTE V

Une luiître fermée, et ces paroles pour àino : Dentho i.o mkjor.

Si loiii' ti'iiii où le lis se mèlc avec la rose,

Urilli' (l'un i^clat qui surprend, Examinez leur cœur, vous le verrez si grand, Une le l'este i vos yeux iiaraitra peu de cliose.

Ces troinpelles ont la livrée des tenants, et leur garniture est incarnat et blanc, aussi bien que les |)lunies de leurs casques. I.e niaréclial de camp ])arait ensuite avec son bâton do comniandemenl. Il est suivi de ses deux estafiers maures, après les(|uels marche un esclave maure qui porte le drapeau. Il est incarnat et blanc, et on y voit peintes dans les quatre coins ces quatre devises à l'avantage du beau sexe.

Un fdel rempli de poissons gros et petits, avec ces paroles : ka.n captivi d'eta matuka acehba.

Elles trouvent partout dos Ames toutes priâtes A se soumettre au pouvoir de leurs yeux; Rois et bergers, jeunes et vieux.

Tout fait gloire à l'envi de grossir leurs conquêtes.

Un arbre d"où coule du miel, où des oiseaux se prennent, et ces mots pour àme : nella mia dolcezza il MIO visco.

Elles ont des douceurs engageantes, flatteuses. Il n'est rien de plus attirant; Mais CCS douceurs sont dangereuses.

C'est l'aniiirce où le cœur se prend.

Plusieurs vipères entortillées ensemble, et ces paroles : han.no a un tempo l'antidoïo, e'l ve-

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