‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1377 sur 1518 · LENO · texte numérisé non relu

LENO

Leur poison est subtil, on ne s'en peut défendre.

Il a bientijt gagné le cœur; Mais aussi pour guérir la plus forte langueur.

Elles n'ont qu'à dire un mot tendre.

Un miroir ardent, qui du haut d'une tour brûle un navire; ces mots lui servent d'àme :

VICIN CHE FIA SE DA LOiNTANO ACCENDE?

Si quand de loin une lielle se montre. Vous vous sentez le cœur touché de ses attraits Tâchez d'éviter sa rencontre ; Hélas! que serait-ce de près?

On voitparaître ensuite le parrain du chef vêtu à l'antique, avec sa garniture et ses plumes de la livrée du quadrille. Il a au lieu de casque une toque garnie do plumes. L'écuycr vient après ; c'est un nain qui porte l'écu de son maître, sous lequel il semble tout caché. La Fortune y est peinte pour devise, avec ces mots : pende da la

DELTA PlU CHE DA GLI ASTIÎI.

Je ne sais si l'on doit, pour adresser ses vœux,

I^référer les blondes aux brunes; Mais je sais bien que les bonnes fortunes

Dépendent de toutes les deux.

I)eu.\ licteurs marchent après ce nain avec des faisceaux d'armes dorés, et précèdent le chef des tenants superbement velu à la romaine, et tenant une pi(|ue à la main. Sa mante est incarnat et argent; elle est à longue queue, portée par un page aussi vôtu à l'antique. Les trois tenants paraissent, laissant un peu de distance après lui : ils marchent l'un après l'autre, ayant leur garniture incarnat et blanc aussi bien que les plumes de leurs casques, avec ces devises sur leur bouclier.

Des femmes qui font tourner une sphère, avec ces mots : gir.vn il mondo.

Elles bouleversent le monde, Hélène en est la preuve, elle dont les appas Furent sur la terre et sur l'onde La cause de tant de combats.

Une lune perçant les nuages, avec ces mois :

VINCE IL SUO LUME l'oPPOSTE NUBI.

Du sexe aimable en vain lagloii'e est poursuivie. Avec les jeux, les ris, les grâces, les amours,

Quoi que puisse opposer l'envie.

Les belles brilleront toujours.

Des lis, et ces mots : perdox di puegio ni pa-

KAGON DI quelle.

Votre blancheur ternit celle des immortelles;

Mais d'un plus vif éclat si vous êtes jaloux. N'allez pas approcher des belles.

Leur teint est plus brillant que vous.

Tout ce quadrille ayant fait le tour de la liarrière en cet ordre, se place vis-à-vis, à colé droit; plus Clarisel qui lui sert de chef, représenté par un des amis du baron, fait ce compliment aux dames, suivant ce que les Espagnols ont. presque toujours pratiqué en de semblables occasions.

Ne vous offensez point do nous voir devant vous, Qui savez si bien l'art de triompher de nous,

Paraître en qualité de braves;

Si nous voulons vaincre à vos yeux.

Ce n'est que pour mériter mieux La gloire d'être mis au rang de vos esclaves.

Ce compliment l'ait, les trompettes sonnent ; ce qui oblige le maréchal de camp général d'aller à l'entrée du camp, d'oij il amène le maréchal de camp du pi-emier (piadrille des assaillants. 11 a la livrée du quadrille, qui est blanche, noire et bleue. Les plumes de son casque sont des mêmes couleurs, aussi bien que sa mante qui est courte. Sou bâton de commaudemeut est d'azur, et il est suivi de deux sauvages vôtus de peaux avec des massues. Il demande l'entrée du camp pour des aventuriers dont il apporte cette réponse au cartel des tenants. Elle est lue par le maréchal de camp général.

LE TRIOMPHE DES DAMES, ACTE V

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