I.A DUCHESSE
Vous êtes grand, fameux, et jamais la victoire N'a d'un sujet illustre assuré mieux la gloire ; -Mais plus dans un haut rang la faveur vous amis. Plus la crainte déchoir vous doit rendre soumis. Outre qu'avec l'Irlande on vous croit des pratiques, Vous êtes accusé de révoltes publiques, .Vvoir, à main armée, investi le palais...
LE COMTE
G malheur pour l'amour à n'oublier jamais! Vous épousez le duc, je l'apprends, et ma flamme Ne peut vous empêcher de devenir sa femme. Que ne sus-je plus tôt que vous m'alliez trahir I En vain on vous aurait ordonné d'obéir. J'aurais... Mais c'en est fait. Quoi que la reinepense, Je tairai les raisons de cette violence. De mon amour pour vous le mystère éclairci. Pour combler mes malheurs vous bannirait d'ici.
LA DUCHESSE
.Mais vous ne songez pas que la reine soupçonne Qu'un complot si hardi regardait sa couronne. Des témoins contre vous en secret écoutés. Font pour vrais attentats passer des faussetés, Ualeg prend leur rapport, et le lâche Cécile...
LE COMTE
L'un et l'autre eut toujours l'àme basse et servile, Mais leur malice en vain conspire mon trépas, La reine me connaît et ne les croira pas.
LA DUCHESSE
Ne vous y fiez point ; de vos froideurs pour elle Lq chagrin lui tient lieu d'une injure mortelle. C'est par son ordre exprès qu'on s'informe, s'in-
LE COMTE. [struit...
L'orage, quel qu'il soit, ne fera que du bruit, La menace en est vaine et trouble peu mon àme.
LA DUCHESSE
Et si l'on vous arrête?
LE COMTE
On n'oserait, madame.
Si l'on avait tenté ce dangereux éclat. Le coup qui le peut suivre entraînerait l'Etal.
LA DUCHESSE
Quoique votre personne à la reine soit chère, Cardez, en la bravant, d'augmenter sa colère, Elle veut vous parler; et, si vous l'irritez, Je ne vous réponds pas de toutes ses bontés.