‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1402 sur 1518 · I.r fuMilp est fiel', madame · texte numérisé non relu

I.r fuMilp est fiel', madame

ÉLISAUETM.

Ah ! Tu me désespères.

Quoi qu'osent contre moi ses projets téméraires, Dût l'Etal par ma chute en être i-enversé. Qu'il fléchisse, il suffit, j'oublierai le passe: Mais, quand toute attachée à retenir la foudre. Je frémis de le perdre, et tremble à m'y résoudre ; Si, me bravant toujours, il ose m'y forcer. Moi reine, lui sujet, puis-je m'en dispenser? Sauvons-le malgré lui, par'le, et fais qu'il te croie, Vois-le, mais cache-lui que c'est moi qui t'envoie; Et ménageant ma gloire en t'explicpiant pour moi, Peins-lui mon cœurscnsible.à ce queje lui doi : Fais-lui voir qu'à regret j'abandonne sa tête. Qu'au plus faible remords sa grâce est toute prête; Et si pour l'ébranler il faut aller plus loin, Du soin de mon amour fais ton unique soin; Laisse, laisse ma gloire et dis-lui que je l'aime. Tout coupable qu'il est, cent l'ois plus que moi-même. Qu'il n'a, s'il veut finir mes déplorables jours, Qu'à souffrir que des siens on arrête le cours. Presse, prie, offre tout pour fléchir son courage; Enfin, si pour ta reine un vrai zèle t'engage. Par crainte, par amour, par pitié de mon sort. Obtiens qu'il se pardonne, et s'arrache à la mort; L'empêchant de périr, tu m'auras bien servie. Je ne te dis plus rien, il y va de ma vie, Ne perds point de temps, cours, et me laisse écouter Ce que pour sa défense un ami vient tenter.

Page 1