SCÈNE VIII
n. BERTRAND, D. ALVAR ET JACINTE dans la chambre d'Isabelle, GUZM.AN.
D. BERTRAND, l'épée à la main.
Qui va là? Qui va là, pour la seconde fois? J'ai pourtaut à ma porte entendu quelques voix. On y faisait du bruit, il faut que je le sache. Je chercherai partout, malheur à qui se cache. Mais je pense entrevoir un homme dans ce coin. Tâchons de nous munir de courage au beçoin.
Parle, qui que tu sois, ou bien je t'estropie.
GUZMAN
Ne vous pressez point lanl, rengainez,je vous prie,
D. BEUTHAXD.
Dis ton nom.
GUZMAN
C'est Guzman. Vous m'avez fait blêmir.
Que fais-tu là?
GUZMAN
Je cherche une place à dormir.
D. BERTRAND
Le lieu n'est pas mal propre.
GUZMAN
Ailleurs, ou là, qu'importe; Je fais communément mon gile à quelque porte : Étant né des Gourmands, digne race des gueux, Je me couche toujours sur la dure comme eux.
{Il s'éloigne de la parle d'Isabelle.)
Mais de grâce, monsieur, quelle heure peut-il être? Le ciel est étoile, vous l'y pourrez connaître.
D. BERTRAND
Sans lune et sans cadran? Mais viens çà, c'était toj Qui frappais à ma porte, il faut dire pourquoi,
GUZMAN
Je cherchais du repos, loin de troubler le vôtre,
D. BERTRAND
Si quelqu'un avait pris une porte pour l'autre ; Je veux m'en éclaircir.
(// t'eut aller à la chambre d'Isabelle^ et Gu%man le relient.) OnZMAS.
Monsieur, il m'en souvient, Ce doit être sans doute un esprit qui revient, Je crois même avoir vu quelque grande ombre noire; Et la chose n'est pas trop difficile à croire. Car l'hôte m'a conté qu'on entend quelquefois Dans cette galerie un bruit confus de voix. Un lutin qui tantôt soupire, et tantôt gronde. Mais qui ne se fait pas entendre à tout le monde : Vous l'aurez ouï seul, c'est d'où venait ce bruit.
D. BERTRAND
Et tu viens cependant passer ici la nuit ?
GUZMAN
J'incague les esprits.
D. BERTRAND
Certain désir me presse D'aller voir en tout cas ce que fait ma maîtresse.
GUZMAN, l'arrêlnnl.
Que pourrait-elle faire à présent? Elle dort.
D. BERTRAND
Écoutons déplus près, ronfle-1-ellc bien fort? Je ne voudrais pour rien d'une femme ronflante.
GUZMAN
Soit qu'elle veille ou dorme, elle est fort patiente; On ne l'eutcnd jamais.
D. BEUTRANTl.
Je m'en vais l'éveiller.
Car j'.ni démangeaison beaucou[> i!" Ii;ihiller;