L'AMOUR A LA MODE, ACTE III, SCÈNE I
Vous en a fait sitôt découvrir l'artifice.
OROiNTE.
Et je vous ai porté d'abord de rudes coups, Non que j'aie ignoré que je parlais à vous; Mais je l'ai fait exprès pour vous faire connaître Qu'en tourbant quelquefois on se joue à sou maître, Et que, si vous songez jamais à me duper. Je saurai bien encor par où vous attraper.
DOROTÉE.
L'excuse est assez froide.
ORONTE
Examinez la vôtre.
Enfin, VOUS avez pu me prendre pour une autre. Selon les lois d'amour c'est un crime d'état. Je n'examine rien après cet attentat, Et veux, pour satisfaire à ma gloire offensée. Vous bannir de mes yeux comme de ma pensée : C'est vous traiter encor trop favorablement.
ORONTE
Il faudra se résoudre à ce bannissement : Mais perdant un sujet de si haute importance. Je prévois votre empire en grande décadence.
DOBOTÉE.
Je le relèverai, perdez-en le souci.
ORONTE
Votre seul intérêt me fait parler ainsi : Croyez-le, je vous aime, et n'ai point d'autre envie Que de suivre vos lois tout le temps de ma vie.
DOROTÉE.
Et qui m'en répondra?
ORONTE
Vous, si vous m'écoutez.
DOROTÉE.
Voyons donc votre fourbe à qui vous l'imputez.
ORONTE
L'innocence jamais n'est assez manifeste Que quand...
DOKOTÉE.
Ce soir chez moi vous me direz le reste, Là, pour mieux m'assurer de vos intentions. J'attendrai vos respects et vos soumissions. Adieu.
ORONTE
Cette retraite est bizarre et bien prompte.
CLITON
Sur le point de se rendre elle en a fui la honte. Et cru qu'il valait mieux attendre que la nuit... Mais je commence enfin à voir ce qu'elle fuit, Ne le demandez plus puisqu'Éraste s'avance.