LE CHARME DE LA VOIX, ACTE I, SCÈNE L
C'est vouloir l'assei-vir au peu que j'ai d'atlrails ; Et rompant un traité qui finit uotrc peiue, M'assurer en secret le rang de souveraine. Voilà sur quels motifs ce père sans amour, Dès l'âge de cinq ans m'éloigna de sa cour. Compagne de mon sort, tu sais à quelle élude J'ai tâché d'employer ma longue solitude, Et que, sans être vue, ou du moins rarement, J'ai pris pour la musique un fort attachement.
LAunE. [sède
C'est ce qui me confond, qu'au mal qui vous pos- Elle manque aujourd'hui d'apporter du remède.
FÉXISE.
Ah ! s'il faut éclaircir ton esprit abusé. Comment guérirait-elle un mal qu'elle a causé? Pour les noces du duc à Milan revenue, A ce prince toujours je demeure inconnue, Et l'on ne me permet de paraître à ses yeux Qu'avecque la duchesse attendue en ces lieux. Mon frère l'est allé recevoir à Pavie; Et de tant de malheur ma fortune est suivie, Que contre mes souhaits, sans en rien espérer, Je romps sonhyménée, ou le fais différer.