‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 257 sur 1518 · SCÈNE III LE DUC, FEDERIC, FABRICE · texte numérisé non relu

SCÈNE III LE DUC, FEDERIC, FABRICE

LE DUC, « Fabrice.

Si tu peux à mon mal trouver quelque remède... Mais verrai-je en tous lieux que Fédéric m'obsède? Et faut-il pour surcroît de haine et de chagrin. Qu'aujourd'hui mon malheur l'amène en ce jardin?

FÉDÉRIC

Seigneur, si près de voir arriver la duchesse. Vous conservez encor cette morne tristesse. Un espoir si charmant vous en doit retirer.

l.E DUC.

Quelque bien qu'il m'assure, il faut le différer. Comme dans mon chagrin je ne puis me contraindre. De mon accueil peut-être elle pourrait se plaindre; Et je trouve à propos, pour la mieux recevoir. De me priver encor du plaisir de la voir.

FÉDÉRIC

Quoi; comme aux autres lieux l'arrêter à Pavie! Seigneur...

LE DUC

Mais, Fédéric, il y va de ma vie :

Qu'on ait soin seulement de l'y bien divertir, Tant qu'un ordre nouveau l'oblige d'en partir.

FÉDÉRIC

Ce long retardement ouvrant sa défiance. Lui fera voir en vous trop peu d'impatience; Et je crains que par là son esprit irrité...

ICnfin, n'en parlons plus, le sort en est jeté.

FÉDÉRIC

Au point que cet hymen à votre État importe...

LE DUC

La raison est pour vous, mais elle est la moins forte.

Et quand la passion tâche de l'étouffer.

Ce n'est qu'en lui cédant qu'on en peut triompher.

FÉDÉRIC

Puisqu'aujourd'hui sur vous la vôtre a tant d'em- De peur de l'irriter, seigneur, je me retire, [pire,

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