SCÈNE IV
LE DUC, FÉNISE, derrière le théâtre, FABRICE. LE DUC.
Enfin, il est parti, Fabrice, c'est à toi A me donner ici des preuves de ta foi.
FABRICE
Elle a de tous vos maux la guérison certaine, Vous en avez douté, vous en souffrez la peine : Si vous eussiez plus tôt imploré mon secours...
LE DUC
Je tâchais de me vaincre, et j'espérais toujours.
FABRICE
C'était mal espérer; rien n'est gâté, n'importe, Vous m'allez voir pour vous agir de bonne sorte.
Si tu peux ni'acquérir le bien que je prétends...
FABRICE
Je bats bien du pays, seigneur, en peu de temps. Et veux à bouffonner n'être jamais de mise, Si dans ce même jour vous ne voyez Fénise : Mais il vaudrait bien mieux, sans chercher ce dé- Aller à Fédéric découvrir votre amour; [tour, Dans l'espoir de se voir ducalement beau-père...
LE DUC
Non, non, il faut aimer, et souffrir et me taire. Attendant que sa fille avecque nous d'accord. Du malheur que je crains m'aide à braver l'etTort. Je sais de Fédéric la fière politi(]ue. Au seul bien de l'État tout son zèle s'applique; Et lui laisser enfin soupçonner mon amour. C'est bannir de nouveau Fénise de la cour. Vois si je dois songer à rompre le silence.
FABRICE
Mais vous lui pourriez faire un peu de violence; Et, si de l'éloigner il prenait le dessein. Malgré ses dents et lui, parlez en souverain. Un je veux, bien poussé, de loin se fait entendre.