‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 259 sur 1518 · LE CHARME DE LA VOIX, ACTE I, SCENE VL · texte numérisé non relu

LE CHARME DE LA VOIX, ACTE I, SCENE VL

LE DUC

Mais enfin, sans aven, dois-je rien cntrepi-ondre? Si pour trop éronter un scrupuleux devoir Fénisc a jusqu'ici refusé de me voir, l'uis-jc, sans ùtre sur de ne lui pas déplaire, Permellre à mon amour d'agir contre son père'.'

KAUHICE.

Sans plus moraliser, il faut donc promptemcnt Vous donner l'accès libre à son appartement; Alors permis à vous d'avancer vos afl'aires.

LE DUC

Tu m'y verras donner les ordres nécessaires : Mais comment ton adresse en viendra-t-elle à bout?

FABRICE

Sachez que ma folie est mon passe-partoul, Et que, vieux harangueur qu'avec vous on voit rire, J'entre par privilège en tout lieu sans rien dire. Mais quel son musical...

(^On euleiid quelques accords de ihéorhe.) LE DUC.

Fénise va chanter, C'est le signal ; approche, il la faut écouter.

FÉNISE chanle derrière le lliédire.

Si dans l'ennui dont mon âme est atteinte, Mes soupirs chaque jour vous adressent ma plainte.

Cessez, ruisseaux, d'en murmurer.

Quand d'un astre fâcheux la fatale influence Nous défend l'espérance, Il est permis de soupirer.

FABRICE

Peste, quels roulements !

LE DUC

Ils enlèvent mon âme.

Hébien, Fabrice, hé bien, condamnes-tu ma flam- Etd'un plus rare objet puis-je suivre la loi? [me?

FARRICE.

Vous en croyez l'amour, et cela sur sa foi? Mais s'il fallait qu'enfin cette rare personne Eût le nez perroquet, ou la face guenonne?

LE DUC

Quoi, tu pourrais penser qu'elle manquât d'appas. Et que chantant si bien...

FABRICE

Ne vous y trompez pas :

J'en ai vu tefie, moi, témoin irréprochable, [diable. Qui, chantant comme un ange, aurait fait peur au Et qui, quoique sa voix semblât venir des cieux, Avait un œil eu terre, et l'autre chassieux.

LE DUC

Non, Fénise toujours eut le bruit d'être belle.

FABRICE

Si ce bruit n'est point faux, que ne se monirc-t-elle?

LE DUC

Peut-être... Mais je crois ouïr encor sa voix; Écoute.

FABRICE

Un peu plus haut que la première fois.

.le connais bien qu'au mal qui me possède. Je ii'apiilifpie par là qu'un impuissant remède,

Oui n'étoullé point mes désirs; .Mais en vain en fuyant votre onde s'en offense. Quand on perd l'espérance.

On peut liien perdre des soupirs.

LE DUC, à Fénise. Ah! Si d'un cœur soumis vous estimezl'hommage, Perdrez-vons des soupirs que mon amour partage, Et lorsque par l'espoir le sort se peut braver, Vous le défendrez-vous afin de m'en priver? Fabrice, c'en est fait. Il faut avec adresse A Parme dès demain renvoyer la duchesse. Dût se perdre Milan, on verra mon amour... Mais que vois-je? Carlos est déjà de retour?

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