CI.ARIN
C'est pour cela, monsieur, qu'il m'a si bien reçu.
D. CÉSAR
Quoi, tu l'as pu nommer?
CLARIN.
Nommer, ou non, qu'importe?
Ne connaît-on pas bien les couleurs que je porte?
D. FADRIQUE.
Il me croit son rival ?
CLARIN.
Son rival? Mille fois.
D. CÉSAR
Et pour le détromper tu n'as point eu de voix ?
CLARIN.
J'ai parlé, j'ai crié; mais il est si farouche Qu'à mes dépens trois fois il m'a fermé la bouche : Et si je n'eusse pas promptement détalé, J'en avais tout au moins pour un bras avalé, Peste, comme il étrille !
D. CÉSAR
Il t'a battu?
CLARIN.
Moi-même :
Et si c'est par les coups que l'on montre qu'on aime. J'ai sujet de me croire au rang de ses amis; Il m'en a plus donné qu'il ne m'avait promis.
Traiter un de mes gens avec tant d'insolence, Sachant qu'il m'appartient! Ah! j'en prendrai ven- D. CÉSAR. [geance.
C'est à moi de la prendre, à moi de qui le front Est couvert d'infamie après un tel affront : Il allait de ma part, et ce sanglant outrage Regarde seulement le maître du message : Seul je dois satisfaire à mon honneur blessé.
D. FABRIQUE
Vous dispuiez en vain, je suis seul offensé : L'affront s'est fait au nom, et c'est moi qui le porte.
D. CÉSAR
Toujours sur un abus la vérité l'emporte.
De qui que son audace ait menacé les jours.
Il n'en veut qu'à celui qui trouble ses amours :
Si je suis son rival, si j'adore Isabelle,
X quoi bon vous armer pour ma propre querelle ?