SCÈNE IV FABRICE, LAURE
FABBICE.
D'oîi vient donc qu'elle sort.
LAURE
C'est que tu jases trop.
FABRICE
Chacun sait ses affaires.
Qu'elle s'en fâche ou non, il ne m'importe guère: Elle me fait plaisir me laissant avec toi.
LAURE
D'où vient ta belle humeur?
FABRICE
De ce que je le voi, Friponne. Sais-tu bien lorsque tu me regardes...
Quoi, je te tiens au cœur?
FABBICE.
Ma foi, tu le pétardes; Jusqu'au moindre recoin tes yeux vont ravager.
LAURE
Je te plais donc?
FABRICE
Assez pour me faire enrager.
LAURE
Déjà jusqu'à tarage?
FABBICE.
Et plus qu'il ne te semlilc; Mais le plaisir d'amour c'est d'enrager ensemble
Ainsi si lu voulais enrager tant soit peu...
LA uni:.
Il y faudra songer.
FABRICE
Tu te ris de mon feu?
LAUBE
M'en rire? Je t'en vois la face toute blûme. Mais enfin tout de bon m'aimes-tu ?
FABRICE
Si je t'aime?
J'ai déjà depuis hier, pour preuve de ma foi, Tâché plus de six fois à soupirer pour toi.
C'cstd'aborden amour lechemin qu'il faul prendre.
FABRICE
Va, j'en connais le fin, le délicat, le tendre.
LAUBE
Tu n'as fait que tâcher cependant?
FABRICE
N'est-ce rien?
Pactisons seulement, et le reste ira bien. Es-tu traitable ?
LAURE
Moi? Cela va sans le dire.
FABRICE
Combien de temps faut-il que pour toi l'on soupire ?
LAURE
Que t'importe combien?
FABBICE.
C'est là la question, Je crains en soupirant quelque indigestion ; Il faut s'enfler le cœur, et l'excès est à craindre.
LAURE
Ton feu n'irait pas loin avant que de s'éteindre. Tu me plains tes soupirs?
FABRICE
Je sais bien qu'il t'en faut, Mais j'en voudrais avoir ma quittance au plus tôt; Et pour n'en recevoir ni reproche ni honte, N'être obligé qu'à tant, et les fournir par compte.
LAURE
Et combien chaque jour en prétends-tu fournir?
FABBICE.
Si je promets beaucoup, j'aurai peine à tenir. Vois-tu bien, je suis franc.
LAURE
Donc en toute franchise, Dis-moi quels sentiments le duc a pour Fénise, N'est-ce plus pour sa voix...
FABRICE
Que tu lo bailles doux!
Mais les voici tous deux qui s'en viennent à nous. Dispose ta maîtresse à mieux taire sa flamme.