SCÈNE IX CARLOS, CAMILE
CAMILE.
Nous voilà bien.
CARLOS
0 rigueur de mon sort ! Que dois-je faire ?
CAMILE.
Rien.
Il n'est fidèle preux que votre foi redoute; Vous avez assez fait.
CARLOS
Que cet effort me coûte!
CAMILK.
Ne vous en plaignez point; céder une duché. Pour se montrer loyal, c'est avoir bon marché, Vous serez dans l'histoire.
CARLOS
Ah! crains de me déplaire.
CAMILE.
Quoi, lorsque l'on enrage, il faut encor se taire, Et sans qu'il soit permis de s'en estomaquer, D'une foi duvieux temps vous pourrez vouspiquer!
J'ai fait ce qu'a voulu l'intérêt de ma gloire.
CAMILE.
Chacun sur cet article a liberté de croire. Pour moi, si j'en osais dire mon sentiment. Je vous condamnerais très authentiquement ; Car loin que vous ayez quelque excuse valable , Qu'aurait pu faire pis un hérétique, un diable? Une belle duchesse, et tout ce qui la suit, Sceptre, couronne...
CARLOS
Hélas! Où me vois-je réduit?
Perdre un objet si cher!
CAMILE.
Le remède est facile, ,,^ Revoyez-la.
CARLOS
Non, non n'en parlons point, Camile ; Dans le pressant malheur où me plonge le sort, Si quelqueespoirme reste, il n'est plusque lamort.