SCÈNE I LA DUCHESSE, FÉNISE, LAURE
LA DUCHESSE
Quoi que vous me disiez de l'ennui qui l'accable. L'ayant pu mériter, il est assez coupable ; Et toute ma rigueur venge mal ma fierté De l'outrageant refus dont il fait vanité ; Mais en vain contre lui je me sens animée, Si je songe toujours qu'il peut m'avoir aimée. Et si mon feu sans cesse oppose à mon courroux Ce qu'un tel souvenir a pour moi de plus doux.
FÉMSE.
Madame, plût au ciel que vous vissiez vous-même Où l'a déjà porté son désespoir extrême! Je sais que votre cœur, sensible à ses ennuis, Plaindraitle triste état où ses jours sont réduits. Et ne pourrait souffrir que la mort qu'il souhaite Fût le funeste effet d'une amour si parfaite.
LA DUCHESSE
Quoiquepourlui mon cœur me presse d'accorder, Puis-je oublier sitôt qu'il m'a voulu céder?
FÉNISE.
Vous en souvieudrez-vous, sans songer que son cri- Est l'effet éclatant d'une vertu sublime, [me