SCÈNE I LÉONEL, D. FÉLIX, ALONSE
LÉONEI,.
Appelez ma prière ou scrupule, ou faiblesse, L'honneur est délicat, peu de chose le blesse. Déjà de tous côtés j'entends naître un sourd bruit, A cause qu'à ma porte ou s'est battu de nuit; On vous nomme tout bas l'auteur de la querelle; A ses rivaux, dit-on, il dispute Isabelle. D'un voisin médisant ce murmure indiscret Me semble pour ma fille un outrage secret; Étouiïez-le, de grâce, et donnez lieu de croire Que l'imposture en vain ose attaquer sa gloire.
D. FÉLIX
Ce soupçon mal fondé peut un peu trop sur vous : Ces rivaux prétendus n'étaient que des filous. Je vous l'ai déjà dit, qu'ils m'ont pressé de sorte, Qu'au besoin cette nuit j'ai gagné votre porte. Cette heureuse retraite assurait mon parti. Quand au bruit du combat vous-même êtes sorti ; Et ces lâches craignant qu'on les put reconnaître, Ont disparu sitôt qu'ils vous ont vu paraître.
LÉO.NEL
Je le veux croire ainsi, mais le peuple toujours Dit ce qu'il s'imagine, et tient de sots discours. Comme un mal négligé s'aigrit et continue, Obtenez de vous-même un peu de retenue; Et fuyant un quartier où l'on compte vos pas, Montrez qu'à ces faux bruits vous ne consentez pas.
D. FÉLIX
Gardez plutôt delà qu'on ne prenne l'audace...
LÉONEL.
Enfin, me voulez-vous refuser cette grâce"?
D. FÉLIX. [lieu...
Vous pouvez tout sur moi, mais vous n'avez pas
LÉONEL.
Il y va de ma gloire, et c'est assez. .Vdicu.