‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 370 sur 1518 · SCÈNE I FÉDÉRIC, OCTAVE · texte numérisé non relu

SCÈNE I FÉDÉRIC, OCTAVE

FÉDÉRIC

Ne me propose point de nouvelles faiblesses, Vois l'état malheureux, Octave, où tu me laisses; Vois-moi par tes conseils qui flattent mes ennuis, Sous cet habillement cacher ce que je suis: C'est assez quand par eux oubliant sa naissance, Un prince à sa vertu fait cette violence, Et qu'il s'ose abaisser, pour ménager son sang, Jusqu'à se dérobera l'éclat de son rang. En effet, cet habit dont tu fais mon asile, Laisse-t il voir en moi l'héritier de Sicile ; [mant, Et sans suite en ce bois, bien moins prince qu'a- Connais-tu Fédéric dans ce déguisement.

OCTAVE

Seigneur, ce faux habit éloigne la tempête Dont le coup imprévu menaçait votre télé ; Mais craignant du destin les revers éclatants, Songezqu'unprinceapcineàse cacher longtemps, Et que de sa grandeur le brillaut caractère A parlé mUle fois de ce qu'il voulait taire. Avant qu'il vous trahisse, abandonnez ces lieux Où Rodolphe tué vous doit rendre odieux : Par vous l'État privé d'un conquérant si brave...

FÉDÉRU:.

Le sort en est jeté, c'est perdre temps, Octave ; Je sais que celle mort qui rompt ce grand tournoi, Arme contre mes jours la colère du roi :

Je sais qu'à la venger tout l'État s'intéresse; Mais aussi, tn le sais, j'adore la princesse; Et cctle passion me fait voir sans effroi L'intérêt do l'État, et le courroux du roi.

OCTAVE

Seigneur, à quels périls exposer votre vie !

FÉDÉRIC

11 faut les affronter, l'honneur nous y convie. Osons pour la princesse, osons nous exposer A quoi que le destin contre nous puisse oser; Qu'un bel effort lui prouve une ardeur peu commune Et laissons faire après l'amour et la fortune. Mais d'une vaine peur je te vois prévenu ; .Mon visage en ces lieux ne fut jamais connu ; Cet habit de tournoi, ces plumes et ces armes Dont l'éclat remarqué te causait tant d'alarmes, Et qui pour m'accuser semblaient autant de voix, Tu m'as tout vu laisser au milieu de ce bois. En faveur de ma (lamme, et contre mon envie, L'amour m'a su forcer à ce soin de ma vie ; Mais s'il faut y périr, il est juste à mon tour De donner cette vie. aux soins démon amour.

OCTAVE

Quel est votre dessein?

FÉDÉRIC

Seul en cet équipage Je prétends m'arrêler dans ce prochain village ; .Uissi bien mon cheval, mort loutàcoupsousmoi, Par un nouveau malheur m'impose cette loi. Dans Naples cependant va voir ce qui se passe, Vois quel espoir eucor m'y souffre ma disgrâce, Observe ma princesse, et si quelque mépris...

OCTAVE

Seigneur, j'entends du bruit, gardez d'être surpris.

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