LE GEOLIER DE SOI-MÊME, ACTK III, SCÈNE II
Ou je vous devrais plus (|uc vous ne me ilcvcz. La vertu, ([uaiid elle est et solide et parlaitc. Elle-même est le prix qui la rend satislaite ; Et de quelque valeur que puisse être un bienfait. S'avouant redevable, on s'acquitte eu clVet.
FEDÉHir.. l^fasse.
Puisque c'est vous déplaire, et que, quoi que l'on C'est trahir vos bienfaits, que vous en rendre grâce. Pour les laisser, madame, en leur plus haut celai, Je veux bien me résoudre à demeurer ingrat. Je ne vous dis doue point que ma plus forte envie Est d'exposer pour vous et mon sang et ma vie, Je m'abandonne entier à ma stupidité.
Et reçois vos faveurs comme un bien mérité.
C'est mal prendre mon sens, et ne me pas connaître. Je m'estimerais lâche autant qu'on le peut être, Si, faisant quelque bien, par un motif trop bas, La gloire d'obliger ne me suffisait pas : Mas je l'avoue aussi, ce nom d'ingratitude A quelque chose en soi qui me paraît si rude. Que, quelque occasion qui me le puisse offrir, Un terme si fâcheux me fait toujours souffrir.
FÉDÉRIC
Ainsi, madame, ainsi, quoi que je puisse faire. Je ne puis espérer de ne vous pas déplaire, Puisqu'enfln votre esprit condamne également. Et mon ingratitude, et mon ressentiment.
J'a))prouve quelquefois que le dernier s'exprime. Mais il est pour cela des sentiments d'estime; Et d'ailleurs, quelques biens qu'on ait pu recevoir. Qui peut donner sou cœur, i)eut ne plus rien devoir.
FÉDÉIUC.
Le mien pourrait-il être une assez digneolfrando...
Sans doute ;etje m'explique aTiu que l'on m'entende Ce don de votre cœur me plairait en ce point. Que j'y découvrirais ce que je ne sais point, Quel est votre pays, quelle est votre naissance?
FÉDÉRIC
Mon nom est Léonard, et mon pays, Florence; Vous savez ma fortune, et je vous ai conté...
Parlons, parlons de grâce, avec sincérité : Ce récit du malheur qui causait votre plainte, Avait tout l'appareil d'une éloquente feinte; D'abord j'ai bien voulu qu'il vous ait réussi. Mais un homme de pou ne parle point ainsi.
FÉDÉRIC
Quoi, madame...
Quittons un discours qui vous blesse.
Vous u'avez eucor vu le roi, ni la princesse?
L'honneur qu'il vous a plu de répandre sur moi, Pour quelque ordre déjà m'a fait connaître au roi, Mais sans voir la princesse; et j'espère, madame, Que ne relâchant rien de cette grandeur d'âme,
Vos bontés, par l'aveu de ce que je vous dois. Forceront son estime à suivre votre choix.
Il sera i)eu besoin que je l'en sollicite.
Que n'obtiendrez-vous point avec tant de mérite?