LE GEOLIER DE SOI-MÊME, ACTE III, SCÈNE III
Vous savez qui je suis, je n'examine rien, Faites votre devoir, et je ferai le mien.
EXRIQUE.
C'est aller un peu vite; et je ne puis comprendre Ce qui vous fait ainsi refuser de m'entendre.
FÉDÉRIC
Enfin, vous me cherchez?
ISABELLE, à Fédéric.
Oyons l'ordre du roi.
ENRIQUE
Si Fédéric a pu s'échapper du tournoi.
Le ciel m'a réservé la gloire inestimable D'arrêter prisonnier ce prince redoutable; Et je ne viens ici...
FÉDÉRIC
Sans verser bien du sang, On n'arrêta jamais un prince de son rang.
EXRIQUE.
Aussi j'ai bien voulu que dans cette entreprise Un stratagème adroit m'ait assuré sa prise.
Quoi, Fédéric est pris?
ESRIQUE.
Oui, madame, en ce bois Dont la douce fraîcheur vous charme quelquefois; C'est là que tout armé nous l'avons pu surprendre. FÉDÉRIC, bas.
Quelrevers imprévu ! Ciel, que viens-je d'entendre !
ENRIQUE
Pour mieux vous satisfaire, après sa trahison Le roi vous a remis le soin de sa prison: Et comme dans ce fort il faudra qu'où le garde, C'en est le gouverneur que cet ordre regarde.
C'est à quoi, Léonard, il vous faut préparer.
FÉDÉRIC
De ma fidélité l'on doit tout espérer.
EXRIQUE.
Il semble avoir l'humeur assez Gère et farouche, Pour n'appréhender pas que la pitié le touche.
FÉDÉRIC
Madame, permettez qu'on assure le roi, Que de mon seul devoir je sais prendre la loi. Que je ferai juger, à voir mon soin extrême. Que garder Fédéric, c'est me garder moi-même ; Que, bien loin qu'il se puisse échapper demes mains, Jusqu'au fond de son cœur je lirai ses desseins. Et que de sa personne enfin, quoi qu'il advienne. Je m'engage à répondre ainsi que de la mienne.
C'est assez, Léonard.
EXRIQUE.
Madame, le voici.
Puis-je assez me contraindre?
FÉDÉRIC
0 ciel, Octave aussi!