‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 423 sur 1518 · SCÈNE VIII EDOUARD, JODELET, suite d'édouard · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII EDOUARD, JODELET, suite d'édouard

EDOUARD, n pari.

La conduite est nouvelle.

Le roi mande le prince, et soudain le rappelle.

JODELET

Vous me cherchez de l'œil sans doute, et me voilà. Embrassez-moi la cuisse, infant, embrassez-la. Encor que votre guerre en ce point malhonnête, D'un saut fort périlleux ait menacé ma tête, Saut, dont toute ma vie on m'eût vu repentir, Jo vous fais grâce, allez, bon sang ne peut nientii'.

EDOUARD

Que veut dire ceci?

JODELET

Si vous n'êtes point louche. Du moins vous avez l'œil honnêtement farouche. Et vous m'envisagez d'un certain lorguement, A vous faire traiter peu fraternellement.

EDOUARD

Quoi, prétend-on en jeu tourner mon ambassade?

JODELET

Donc au lieu de venir me donner l'accolade. D'embrasser cette cuisse et ce bras triomphant, Vous faites le badin, petit cadet infant?

EDOUARD

Savez-vous qui je suis pour parler de la sorte?

JODELET

Vous êtes un infant mal nourri, mais n'importe. J'en connais l'encloueure et je sais bien par où Vous faire devenir un peu moins loup-garou.

EDOUARD

Ce discours insolent...

JODELET

Insolentl Patience.

Vous pourrez tout du long rengainer l'insolence; Et quand nous compterons ensemble rie à rie, Connaitrc de quel bois se chaulfe Eédéric.

EDOUARD

Fédéric ?

JODELET

A ce nom quelle mine vous faites?

Il n'est donc pas encore écrit sur vos tablettes. Et vous prétendriez le dcfraterniser?

Jamais confusion...

JODELET

Il ne faut point jaser.

Tôt, implorez ma grâce, autrement mon altesse Pourrait apprendre à vivre à votre petitesse.

EDOUARD

Mais...

JODELET

Mais vous raisonnez peut-être à votre dam. Qui raécounait son frère est digne du carcau ; Et si je lâche un mot...

EDOUARD

Quoi, vous êtes mon frère?

JODELET

Oui-da, c'est moi qui suis leiils du roi mon père, Fédéric.

EDOUARD

Depuis quand?

JODELET

Je le suis, il suffit, Peu m'importe de quand, puisque chacun le dit Et comme pour garant j'en ai la foi publique. Si vous êtes le seul qui me défédérique, J'incague vos raisons prêtes à m'alléguer Autant de fois qu'il faut pour les bien incaguer.

Quelle surprise !

JODELET

Et quand avec sa dent félonne Ce sanglier sur moi vint lui-même en i)ersonne... Ah! Vous me regardez au nom du sanglier?

EDOUARD

Fut-il jamais un fou...

JODELET

Quoi, vous, m'injurier?

Vous, quejepuis surl'heure... Holà, mes gens, mes

[gardes.

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