CI.EOMENE
Le succès réglera qui de nous le doit craindre; Tel brave qui souvent devient le plus à plaindre, El peut-être...
LA RE1>"E, se levant.
Il suffit. Je vois dans vos conseils Pour moi, pour mon État des sentiments pareils, Va même zèle en vous en l'ait la différence; Mais pour vous expliquer enfin ce que je pense, La Crète, quoi qu'on dise, est coupable vers moi Du secret attentat qui fit périr un roi. Depuis ce coup fatal j'aspire à la détruire; Et quand par vos avis je cherche à me conduire. De quoi que Timocrate ose flatter ses vœux, Ce n'est pas son hymen, c'est sa mort que je veux. Démochare sans lui tombait en ma puissance, Son bras seul l'a soustrait à ma juste vengeance; El ce serait trahir les mânes d'un époux. Que d'écouler pour lui des sentiments plus doux. A ses mânes sacrés je le dois pour victime. Qui sauve un criminel se charge de son crime; El j'atteste aujourd'hui les dieux nos souverains. Qu'il payera desonsangs'il tombe entre mes'raains. Oui, tant que dans ces lieux j'aurai le nom de reine, Si d'autres intérêts affaiblissent ma haine. Puissent ces dieux vengeurs pour le dernier des Sous les lois de la Crète assujettir Argos. [maux, Cependant sima fillea pourvousquelques charmes, Princes, pour l'acquérir il faut prendre les armes, El livrant Timocrate à mon juste courroux. Régler enfin mon choix qui balance entre vous. Outre qu'à cet effort la gloire vous convie, Sa main sera le prix de qui m'aura servie; Et de mon ennemi couronnant le vainqueur, Par mou ordre aussitôt fera suivre le cœur.
LliOXTlDAS.
Madame, permettez à l'amour qui m'en presse D'aller sur cet espoir consulter la princesse.
LA REIXE.
Allez, et l'assurez que le bien de l'État Va porter ma réponse à l'offre du combat.
{Elle donne la main à Cresphoiiie.)
SCÈiXE IV
NICANDRE, CLÉOMÉNE.
MCANDRE. [dre'?
De vous-même à vous-même enfin puis-jemeplain- A souffrir voire avis j'ai voulu me contraindre. Et quoiqu'il ruinât mon espoir le plus doux. Je n'ai pu me résoudre à parler contre vous. Jugez de cet effort par l'aveu de la flamme Que la belle princesse a fait naître en mon âme; Et si pour un amant il est supplice égal .\ voir pour un ami préférer un rival.
CLÉOMÉNE.
Seigneur, je vous dois tout; mais c'est une faiblesse D'avoir de faux respects où l'État s'intéresse;
TIMOCRATE, ACTl^ IF, SCÈNE I.
Et je ne croirais pas <|ii'iin zèle moins parlait lÎL'pondit à l'honneur que la reine m'a lait.
NICANDRE
Je n'en murmure point; mais comme enfin la reine Fait dépendre aujourd'hui noire amour de sa haine. Si jamais l'amitié signala votre foi, Faites-le-moi paraître en combattant pour moi. Après ce haut serment où son courroux éclate, 11 ne faut plus songer qu'à vaincre Timocrate; Et celui qui de nous le met en son pouvoir. Seul d'un illustre hymen peut conserver l'espoir. Contre mes deux rivaux assurez-m'en la gloire. Si vous êtes pour moi, j'ai déjà la victoire ; Et je puis, secondé d'un bras toujours vainqueur... Mais quoi, vous soupirez?
CMÎOMÈNE.
J'en ai bien lieu, seigneur.
Mais pourquoi plus longtemps surprendre votre es-
[time?
Privez-en un coupable en apprenant son crime; Car quoiqu'à l'avouer je consente à regret, Il vous en faut enfin confier le secret. J'aime, hélas ! De mou sort déplorant la bassesse, Ne dois-je pas trembler à nommer la princesse?
NICANDRE
Quoi! C'est elle...