‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 458 sur 1518 · SCENE IV ÉRIPHILE, CLÉOMÈNE, CLÉONE · texte numérisé non relu

SCENE IV ÉRIPHILE, CLÉOMÈNE, CLÉONE

Que vois-je qui m'alarn)c,ô divine princesse! Aurais-jequel(|ue parlilansl'enuui qui vouspresse, Et dois-jc appréhender de mon mauvais destin, Que Cléomène heureux ait causé ce chagrin? D'où peut-il être né quand la joie est publique?

ÉRIPHILE

Souffrez une demande avant que je m'explique. Votre courage est grand, et la prise d'un roi Par vous de tout l'Élat vient de chasser l'effroi ; Mais, (luoi qu'il se promette après cette victoire. Vous-même assurez-moi de ce que j'en puis croire. Et si je dois en vous, son vaillant protecteur, .Admirer un héros, ou craindre un imposteur?

CLÉOMÈ.NE.

Madame, qui vousdoDne unsoupçonqni m'outrage?

ERU'HILE.

Un bruit fortifié d'un puissant témoignage. Purgez-vous d'un faux roi que, pour nous abuser. Sous un feint équipage on vous l'ait supposer, l'arlez; et dût ma gloire en demeurer ternie, Je vous en croirai seul, est-ce une calomnie? Et l'éclat d'un hymen qui vous doit rendre lieurcux, Fournit-il à l'envie un trait si dangereux? Dépêchez, Cléomène, il est temps de répondre. Tu te tais : c'en est trop, lâche, pour te confondre : Ton désordi-e t'accuse, et je vois trop pourquoi Tu voulais de ton rang être cru sur ta foi.

CLKÛMÉNi;.

Je suis surpris sans doute; et toute mon adresse Ne peut cacher mon trouble aux yeux de ma prin-

[cesse.

Non que lorsqu'un faux bruit m'ose calomnier, il ne me soit aisé de me justifier; Car il n'est pas si vrai que je sois Cléomène, Qu'il l'est que j'ai livré Tiniocrate à la reine, Qu'un succès favorable a rempli son espoir, Et qu'elle a sur sa vie un absolu pouvoir. .Mais ce qui fait ma peine et mes inquiétudes. C'est de vous voir pour lui des sentiments si rudes ; Que je n'ose espérer qu'un généreux effort [mort. Vous fasse plaindre au moins le malheur de sa

IJlUPHILE.

Quoi, de celle d'un père un ennemi coupable, D'une lâche pitié m'éprouverait capable?

CLÉOMÉXE.

Hélas !

ÉRIPHU.E.

Achève, parle, explique tes soupirs.

CLÉOMÉXE.

Comment les expliquer s'ils choquent vos désirs? L'ardeur qu'à vous servir mon courage déploie, Fait sans doute et mes soins et ma plus forte joie ; Mais, quoique mon amour l'ait toujours su borner A l'aveu glorieux qu'on vient de me donner,

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