TIMOCRATE, ACTE V, SCÈNE IV
C'est do son mauvais sort te déclarer complice. Parle, et sans perdre temps à l'aire le surpris, Ou retiisc, ou reçois mon estime à ce prix.
NIC.AXDRE.
Le ciel sait à quel point cette estime m'est chère, Mais pour la mériter je sais ce qn'il faut faiie; Et, quoique ce désirait sur moi de pouvoir, J'aime toujours Argos, et connais mou devoir.
ÉHIPHILE.
Ah ! Si tu le connais, songe que Ciéomène...
KICANDUE.
Mais, madame, son sort est aux mains de la reine ; Et pour changer l'arrêt qui l'expose à périr. Ce n'est qu'à sa pitié qu'il vous faut recourir.
ÉRTPHILE.
Veux-tu que violant un serment trop funeste, Elle attire sur nous la colère céleste?
NIr.ANDIIE.
Voudriez-vous aussi que pour vous obéir, Devant tout à l'État, j'osasse le trahir?
ÉRIPHILE
Si son intérêt seul à ce refus t'engage, Tu manques de lumière à voir son avantage. Ces murs qu'un triste sort prive de combattants. Ne sont pas en état de résister longtemps. Déjà de tous côtés l'ennemi nous assiège; Et si le sang d'un roi n'a point de privilège, La mort de Timocrate irritant sa fureur. Fera de tout Argos un théâtre d'horreur.
NICANDRE
L'on vous donne, madame, une alarme inutile. Si l'ennemi par terre ose attaquer la ville, Quatre mille soldats que je viens de placer. Jusque dans ses vaisseaux sauront le repousser.
ÉRIPHU.E.
C'est assez. Malgré toi je vois ce qui t'anime. De mon cœur engagé ton amoiu- fait un crime; Et ton rival détruit, tu t'oses figurer Que ton orgueil au trône aura droit d'aspirer. Mais quand dans son malheur je serais assez lâche Pour n'oser par son sang en effacer la tache, Quel que soit ton espoir, ne crois pas que ma foi Jamais pour t'y placer s'abaissât jusqu'à toi. Avant que d'en souffrir la coupable pensée, Aux plus indignes lois je me verrais forcée. Et choisirais des fers plutôt que me charger D'un sceptre qu'avec toi je dusse partager.
kicandhe.
Ledesseinquemon eœur fit toujours de vous plaire. M'oblige à respecter jusqu'à votre colère, Ma présence l'aigrit; et c'est blesser vos yeux Que ne leur pas ôler un objet odieux.
Mais si de cette aigreur je souffre l'injustice, Elle pourra se rendre à quelque grand service; Et je dois craindre peu qu'elle puisse éclater. Quand je soutiens un trône où vous devez monter.