‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 467 sur 1518 · SCÈNE II ÉRIPHILE, NICANDRE, CLÉONE · texte numérisé non relu

SCÈNE II ÉRIPHILE, NICANDRE, CLÉONE

ÉRIPHILE

Nicandre, m'aimes-tu? La fortune publique Me fait t'en demander une preuve héroïque, Digne de ton grand cœur, digne de ta vertu. Réponds, sans balancer, Nicandrc, m'aimes-lu?

NICANDRE

Hélas! Si cet amour avait de quoi vous plaire, Vous n'auriez pas un doute àmesvœuxsi contraire. Un amant, quoi qu'il fasse à cacher son tourment, Quand il n'est point ha'i, parait toujours amant. Pour peindre d'un beau l'eu les ardeurs innocentes, Ses moindres actions ont des couleurs parlantes. Dont l'éclat jusqu'au cœur en portent les appas : Qui ne les ressent point, ne les approuve pas.

ÉRIPHILE

Le trouble où tu me vois me laisse peu comprendre Ce qu'une telle plainte a cru me faire entendre; Mais enfin, si tes vœux furent jamais pour moi, Souffre à ton propre honneur de séduire ta loi. Soit que dans ce héros que veut perdi'C la reine. Il t'ofl're Timocrate, ou montre Cléomène, Sans noircir cet honneur d'un reproche fatal, Tu n'y saurais plus voir ennemi ni rival. Tous deux à sa défense intéressent ta gloire, A l'un tu dois la vie, à l'autre une victoire ; Et si tu crains les noms et de lâche et d'ingrat. Perdras-tu ton vainqueur et l'appui de l'État? Car le pouvoir sauver, et souffrir qu'il [lérisse,

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