‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 478 sur 1518 · SCÈNE III BERÉMCE, CLYTIB · texte numérisé non relu

SCÈNE III BERÉMCE, CLYTIB

r.LYTIE.

11 vous promet beaucoup.

BÉRÉNICE

Ah, Clytie ! Il est père.

Et le sang l'abandonne à tout ce qu'il espère; Mais ce llalteur appas, s'il le peut décevoir, Pour éblouir mon àme a trop peu de pouvoir.

CLÏTIE.

Comme son ordre seul sur l'espoir d'être reine, Vous força d'accepter les vœux de Philoxène, Sans doute il n'est plus rien qu'il voulût épargner

Pour mettre dans son sang la gloire de régner. Non qu'cntin le succès n'en soit toujours à craindre, .Mais si d'un sort ingrat vous avez à vous plaindre, .\u moins sera-ce un charme à votre espoir trahi, Qu'en effet vous aurez moins aimé qu'obéi.

BÉHÉ.NICE.

Ah, que tu juges mal des sentiments d'une âme, Quand par l'ordre d'autriii tu fais naître sallamme. Et pour mieux l'excuser eu rejettes l'espoir Sur le trompeur appui d'un aveugle devoir! L'amour dont trop d'orgueil trahirait l'entreprise, Sous d'autres sentiments se cache et se déguise, Et dans nos cœurs séduits s'introduisant par eux. Il nous fait admirer un prince généreux, Comme au respect d'abord sa vertu nous invite, Il en soutient l'éclat par un brillant mérite, .Notre àme en est émue, et goûte un doux poison Dans l'appas d'une estime où consent la raison. Son aveu l'autorise, on ne s'en peut défendre; Et quand charmé des soins qu'il s'abaisseà uousrcn- Un père veutpourlui qu'on se laisse enflammer, [dre, On ne croit qu'obéir, en effet c'est aimer; Et d'un si prompt devoir quoi que l'on se figure. Il est toujours amour quand il est sans murmure.

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