‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 480 sur 1518 · SCÈNE IV PHILOCLÉE, BÉRÉNICE, HÉSIONE, CLYTIE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV PHILOCLÉE, BÉRÉNICE, HÉSIONE, CLYTIE

PHILOCLÉE.

Si pai' un entretien qui pourra vous contraindre Je semble vous donner quel que lieu de vous plaindre. Accusez-en le roi qui m'oblige à savoir Ce qu'un conseil sincère a sur vous de pouvoir. Sachant ses sentiments, apprenez-moi les vôtres.

BRREMCE.

Il ont trop éclaté pour en embrasser d'autres, Madame; et vos bontés s'expliquerout pour moi,

BERENICE, ACTE I, SCÈNE V

S'ils ni'allii'cnt jamais !a colère du roi.

l'HILOfil.KK.

Qui la peut ùvilei- iic la doit pas attendre.

lîLCUKXICK.

Je sais ce que je dois, et lâche de le rendre.

l'HILOCl.KE.

Vous le témoignez mal par l'injuste mépris Qu'on vous voit opposer au choix d'.\naxaris.

BlîRÉNICE.

Il a des qualités que ma raison admire; .Mais le ciel de nos cœurs s'est réservé l'empire, Et sans son ordre exprès, qui seul le met au joui'. S'il nous permet l'estime il nous défend l'amour.

PHLLOCI.KE.

En effet, c'est un ordre où vous cédez sans peine, Quand il vous faut souffrir les vœux de Philoxènc; Il vous plaît, il vous flatte, et vous fait présumer Que rien n'est impossible à qui sait bien aimer. Pourmoi, si rien jamais peut toucher mon envie. C'est de vous voir un jour au trône de Lydie; Mais quoi que Philoxéne ose vous protester, Étant amant et prince, il est à redouter; Et ces deux qualités dans la même personne Sontde mauvais garants de lafoi qu'il vous donne.

BËRÉXICE.

Les princes peuvent tout, mais c'est blesserles dieux Qu'en oser concevoir des soupçons odieux ; Ils tirent du haut rang qui forme leur puissance. Un secours favorable à remplir leur naissance. Ce qu'aux grands sentiments un longsoin nousac- Au bonheurqui la suitestun trésor ouvert, [qiiiert, Par là leurs cœurs sans peiue égalent leurs fortunes; Et pour se dérober aux faiblesses communes. De quelques passions qu'ils semblent combattus, Ils trouvent dans leur sang la source des vertus.

Le prince de Lydie a l'âme noble et grande; Mais, quoi que de sa flamme un bel espoir attende. Ayant à respecter un père dans son roi. C'est un gage mal sur que celui de sa foi.

BÉRÉNICE

Aussi ne doutez pas que s'il me voulait croire. Au seul soin de vous plaire il ne bornât sa gloire. Et que ce rare amas de belles qualités Ne vous acquit des vœux que j'ai peu mérités.

PHILOCLÉE.

Moi, dans le rang illustre où le ciel m'a fait naître. Je pourrais me résoudre à recevoir un maître. Qui, déjà par soi-même assuré d'être roi, Croirait plus me donner qu'il neliendraitde moi! Non, quel que soit l'éclat d'une double couronne, Jeveuxdonnerun sceptre, et non qu'on me le don ne; Et l'on verra mon choix assurer à ma main L'ambitieux honneur de faire un souverain. Mais dans mon cœur peut-èlrcuuosecrèle envie Vous dispute l'espoir du trône de Lydie; Et ce que l'amilié me fait craindre pour vous N'est que l'indigne effetdun mouvement jaloux. Guérissez votre esprit d'une frayeur si vaiue.

Je vois sans déplaisir l'amour de Philoxéne; Et, loin que son succès me cause aucun ennui. Pour le facililer je vous laisse avcclui.

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