‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 482 sur 1518 · SCÈNE I .A.N.\XAR1S, BÉRÉMCE, CLYTIE, IPHITE. i · texte numérisé non relu

SCÈNE I .A.N.\XAR1S, BÉRÉMCE, CLYTIE, IPHITE. i

Ne VOUS repentez point de cette confidence; Vous avez trop langui sous un fâcheux silence. Il est temps qu'un beau feu jusqu'ici renfermé. Acquière à vos désirs la gloire d'être aimé. Et que vous fassiez voirque loin d'en trop attendre, Qui peut tout mériter a droit de tout prétendre.

.\NAX.\RIS.

Ahl Ne me jetez point dans la nécessité D'examiner mon cœur sur sa témérité.

Quoiqu'en vain la raison à ses desseins s'oppose, 11 ne peut qu'en tremblant songer à ce qu'il ose, Et d'un trouble inquiet confusément atteint. Dans tout ce qu'il espère il voit tout ce qu'il craint.

BÉRÉNICE

Peut-être craignez-vous que le roi ne s'irrite D'un amour si contraire à l'hymen qu'il médite, Et qu'il n'y veuille voir qu'un rebelle obstiné Qui porte ailleurs un cœur qu'il m'avait destiné. Mais outre l'intérêt que l'Etat y doit prendre, Philoxène pour vous saura tout entreprendre; Et ce qu'à cet amour sa flamme croit devoir. Lui fera sans réserve appuyer votre espoir.

ANAXARIS.

Je lui viens d'avouer qu'au choix de la princesse, Ce téméraire cœur malgré moi s'intéresse. Et qu'un orgueil secret qu'il désavoue en vain Engage mes désirs à l'espoir de sa main : Non, qu'en lui découvrant le secret de mon âme, J'aie osé présumer que j'obligeais sa tlamme, Je sais trop ce qu'il est pour me persuader Queje sois un rival qu'il doive appréhender;

BÉRÉNICE , ACTE II, SCÈNE II

Mais dans un fîrand projet que je ne pus lui taire, Mon cœur avait jugé sou secours nécessaire; Et c'est pour l'obtenir que, sans plus balancer, A cette confidence il s'est voulu forcer.

BÉRÉXIGK.

11 en usera bien; el comme la Pbrygie Itoil son dernier bonheur au secours de Lydie, Quoi que pmii' vous sou priuce en ose désirer. Elle aura i|uel(|nc lieu de le considérer. Forcez donc l'iiiloclee à vous faire justice. Pour mériter sou choix vous avez tout propice, Rien n'eu peut plus troubler le dessein glorieux, Nos malheurs sont finis, le calme est dansceslieux, Ou s'il y reste encor quelque parti contraire, Antaléon mourant vient de mander mon père. Et dans l'àpre remords d'un juste repentir, II ne cherche à le voir que pour l'en avertir. Mais ma présence nuit à l'ardeur qui vous presse. Je sais que tous vos soins sont dus à la princesse; El ce trouble confus semble me reprocher Que vous perdez un temps qui vous doit être cher.

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