‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 495 sur 1518 · I.c rang dont il l'assure a toujours un défaut · texte numérisé non relu

I.c rang dont il l'assure a toujours un défaut

Il est bien élevé, mais le trône est plus haut.

LE ROI

Qui fait naître en ton cœur ce soupçon qu'il déploie?

AHAXE.

Ce que vous avez vu qu'on a montré de joie, Lorsque parmi le peuple on a su qu'aujourd'hui Vous portiez Philoclée à s'expliquer pour lui. On voit depuis longtemps sa faveur confirmée Disposer du palais ainsi que de l'armée : Par là, de quoi qu'il ose il peut venir à bout; Et pour régner, seigneur, qui peut tout, ose tout.

LE ROI

Le zèle qui l'anime est plus pur qu'on ne pense; Et, s'il faut t'en donner une entière assurance, Quoiqu'il m'eut avoué qu'il brûlât pour ma sœur, Apprends que son respect suspendit cette ardeur, Et que m'en osant faire un noble sacrifice, Il s'olTrit à mon choix d'épouser Bérénice. Vois par là si le trône attire tous ses vœux.

BÉRÉNICE

Ce genre de respect, seigneur, est bien douteux. Il savait que mon cœur fidèle à Philoxène, lieûdrait par mes refus sadéférence vaine ; Et sur mon intérêt pouvant régler le sien, A vous montrer son zèle il ne hasardait rien. Ce n'est pas que je veuille imputer à sa flamme (ju'un téméraire orgueil l'ait fait naître en son ;\nie; Il aime Philoclée, et je dois présumer Que l'on aime en effet quand on avoue aimer : Mais si ce que je suis m'attirait son hommage. Permettez-moi, seigneur, d'en repousser l'outrage. Et de lui faire voir, comme fille de roi. Qu'un lâche ambitieux est indigne de moi.

LE ROI

Va,necrainsriend'un père, et d'un père quit'aime, lu te dois à l'État, je te rends à toi-même; Et, quelque appas pour toi que Philoxène ait eu. J'abandonne ton cœur à ta propre vertu. Mais c'est trop différer à te faire connaître, Il faut enfin te rendre à ce que tu dois être. Viens, Araxe, il est bon, dans un succès pareil. Pour plus de sûreté, d'assembler mon conseil. i;e billet de son sort fait la preuve infaillible; Suns doute qu'à ma sœur le coup sera sensible : Mais quand Anaxaris se voudrait emporter. Elle a trop de vertu pour n'y pas résister.

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