‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 505 sur 1518 · SCÈNE VI LE ROI, PHILOCLÉE, HÉSIONE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI LE ROI, PHILOCLÉE, HÉSIONE

LE noi.

Ma sœur, nos factieux ont osé s'expliquer: L'intérêt de l'Étal, par d'injustes alarmes. Les avait obligés à recourir aux armes; Et, présumant déjà qu'au mépris de nos lois J'élevais Philoxène au trône de leurs rois, Chacun pour son pays croyait montrer son zèle, A prendre avidement le litre de rebelle.

PHILOCLÉE.

Quoi donc, par tant d'exploitsqui le font redouter, Un héros tel que lui n'a pu rien mériter?

LE ROI

Le peuple seul agit, mais encor qu'il déguise Et le rang et le nom des chefs de l'entreprise. Il n'aurait rien osé si, pour leurs intérêts. Les grands à l'appuyer n'avaient paru tous prêts.

PHILOCLÉE.

Pour former ce tumulte, oserais-je vous dire, Seigneur, qu'Anaxaris lui seul a pu suffire?

LE ROI

Araxe dans mon âme avait déjà porté

Quelque faible soupçon de sa fidélité ;

Mais contre nosmutins,loin que mon choixie gêne.

On l'a vu hautement agir pour Philoxène,

Et faire ses efforts à leur persuader

Qu'à qui mérite tout, les lois doivent céder.

PHILOCLÉE.

Pour mieux cacher l'orgueil d'une folle espérance.

11 prend d'un beau dehors la trompeuse apparence; .Mais, sans une couronne, on voitbien aujourd'hui Que la sœur de son roi n'est plus digne de lui.

LE ROI

D'un projet téméraire il n'aurait que la honte. S'il osait de mon sang faire si peu de compte. Qu'il crût impunément pouvoir aux yeux de tous Désabuser des vœux que j'ai reçus pour vous. La Phrygie...

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