‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 515 sur 1518 · LA MORT DE L'EMPEREUR COMMODE, ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

LA MORT DE L'EMPEREUR COMMODE, ACTE I, SCÈNE III

Que m'étant vpnii faire hommage de sa gloire, Ma faililesse avoua cet illustre vaiiiqueur D'achever son triomphe eu captivant mon cœur. Dans un trouble inquiet ayant su me surprendre, Je n'examinai rien de peur de m'en défendre : Lœtus par sa conquête éblouit mes désirs. Il soupira pour moi, j'écoutai ses soupirs; Et déjà dans ses vœux assuré de me plaire. Il ne lui manquait plus que l'aveu de mon père. Quand un funeste choix qu'il n'eût osé prévoir, Etonnant son amour accable mon espoir. Pour époux à sa sœur Commode le destine ; 11 veut se déclarer, je résiste, il s'obstine. Et son respect pour moi, qu'il n'ose enfin trahir, Aux ordres du tyran le force d'obéir.

JULIE

Il est vrai que sa mort, et la vôtre peut-être, Elit suivi le mépris qu'il en eût fait paraître. Mais l'amour qui sur vous prenait tant de pouvoir, S'est du moins refroidi par le manque d'espoii-?

HELVIE.

Ah! que tu conçois peu dans de si nobles flammes Ce que c'est ([ue d'aimer parmi les belles âmes ! Cet amour, dont l'empire à nos sens est si doux. Ne serait pas amour s'il dépendait de nous, [tre. Comme un puissant mérite en nos cœurs le faitnai- II n'a point d'autre but que de se bien connaître. Sans cesse il se contemple, et sans cesse est charmé De trouver son objet si digne d'être aimé. C'est alors que cédant à tout ce qu'il admire, La raison convaincue affermit son empire ; Et, quand un fier obstacle en vient trou blerlecours, On soupire, on se plaint, mais on aime toujours.

JULIE

Et dans ces sentiments d'une entière constance. Voyez-vous qu'en effet Lsetus... Mais il s'avance.

HELVIE.

C'est lui-même. Ah ! Julie, éloignons-nous d'ici.

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