SCÈNE II HELVIE, JULIE
JULIE
Madame, tout d'un coup, quelle est cette tristesse?
HELVIE.
Hélas !
JULIE
Vous soupirez ?
HELVIE.
Épargne ma faiblesse, Et ne me force point à trahir un secret A qui je n'ai donné ce soupir qu'à regret.
JULIE
S'il faut pour l'empereur en croire votre haine, L'hymen de Marcia n'est pas ce qui vous gêne; Et vous l'en plaignez trop, pour voir d'un œil jaloux j Que l'éclat de son choix ne tombe pas sur vous. Mais, dans un noir chagrin votre âme enseveliej Quand le nom de L*tus...
HELVIE.
Ah, cruelle Julie !
Si tu vois que son nom étonne ma vertu, Qu'il la fait chanceler, pourquoi le nommes-tu ?"
JULIE
Si j'avais su prévoir qu'il eût dû vous déplaire...
HELVIE.
Après ce que tu sais je n'ai plus rien à taire ; Et ton adresse en vain cherche à dissimuler Qu'elle ait lu dans mon cœur ce que j'ai cru celer. Au nom de ce grand homme un sentiment trop ten- M'a surpris un soupir que je t'ai fait entendre, [drc Hé, qui n'a pas encore appris jusqu'à ce jour Qu'un soupir de tendresse est un soupir d'amour?
JULIE
Quoi, vous aimez LîBtus?
HELVIE.
Oui, j'avoue, à ma honte, Que malgré moi je cède au fou qui me surmonte; Mais quand un vrai mérite adroitdenous charmer,jj l'eut-on se voir aimée, et refuser d'aimer? Ce fut après léclat d'une insigne victoire