‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 582 sur 1518 · STILICON, ACTE I, SCÈNE VU · texte numérisé non relu

STILICON, ACTE I, SCÈNE VU

Pour être près du trône aura-t-il moins un maître, Et quand tout l'univers tremblerait sous sa loi. Tant qu'il laprcudd'un autre, est-il digne de moi? Pour mériter ce cœur où je le vois prétendre. Il faudrait que son sort de lui seul put dépendre! Et que du plus haut rang sa foi prenant l'appui, N'eiit rien à respecter entre les dieux et lui.

HO.NORIUS.

Superbe, enfin craignez que ma juste colère...

PLACIDIE

J'abandonne mou sang, s'il peut le satisfaire, Seigneur, et vous pouvez, puisqu'il espère en vain, Le venger par ma mort du refus de ma main ; Mais portez la menace et le coup tout ensemble; Un cœurnédaus le trôueiguorecommeon tremble. Et je souffrirai tout avant que me trahir Jusqu'à prendre un époux qui me laisse obéir.

HOXORIUS.

Je vois ce qui vous perd; la grandeur souveraine Fait pour Euchérius votre plus forte haine; Lui-même, par excès de générosité, De votre ambition seconde la fierté, Quand votre cœur soupire après le diadème, Pour vous faire régner il se trahit soi-même. Et, si je l'en veux croire, un juste et prompt accord Au trône d'Alaric élève votre sort.

PLACIDIE

Quoi, pour moi d'Alaric il presse l'hj'ménée?

HOXORIUS.

Votre cime à cet appas s'est toute abandonnée. Et de ce trône offert l'ambitieux espoir, Séduisant vos désirs, corrompt votre devoir; Mais si de votre orgueil la chaleur inquiète, Cherche à vous alïrancliir du titre de sujette, Ayaut d'Euchérius à soutenir le choix, A sou amour trahi je sais ce que je dois; Vous recevrez mon ordre.

PLACIDIE

Il me faudra l'attendre.

Seigneur; mais cependant j'oserai vous apprendre Qu'en vain par ses conseils il tâche à m'assurer L'avantage d'un rang où j'ai droit d'aspirer. Ce trône qu'il souhaite à mou impatience, Le ciel, sans son secours, le doit à ma naissance, Elmoncœur n'y voilrienqu'il n'aime à dédaigner, Pour lui ravir l'honneur de m'avoir fait régner.

HOMORU'S.

L'ambition trompée adoucit bien une àme; Nous en verrons l'effet.

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