SCÈNE I STILICON, MUTIAN
MUTIAN.
Seigneur, dans un moment vous n'aurez plus de Nosconjurés enfin sevonlfaireconnaitre; [maître. Et vous aviez bien lieu d'avancer un dessein DontrelVct cette nuit pouvait être incertain. Outre qu'après l'éclat où l'on s'est vu contraindre. Quelque Zenon encore était pour vous àcraindi'c. L'empereur par scrupule eût pu secrètement L'aller passer ailleurs qu'en son appartement. Tandis qu'enfermé seul avec le faux coupable. Il rend l'occasion à nos vœux favorable. Jusqu'en son cabinet vingt des nôtres choisis
Sont allés par sa mort absoudre votre (ils.
Sa garde est du complot, la idupart sont des nôtres,
Et le poignard soudain nous défera des autres.
Le rest(î du parti dans le palais épars.
D'un tumulte impi'évu prévi(Midra les hasards;
Ainsi tout est pour vous, et l'entreprise est sure.
STILICON
J'ai parlé contre un fils, j'ai trahi la nature, Tu t'en es étonné, mais de moindres efforts Ne m'eussent du projet laissé que le remords : Pour le voir réussir, quelque horreur qu'il m'en Il fallait de ma foi ne laisser aucun doute, [coûte, Éblouir l'empereur, et surtout éviter Que l'intérôl du sang ne me fît arrêter. Nos amis dont moi seul je fais la confiance, Auraient par ma prison perdu toute espérance; Et, sans rien entreprendre aux dépens do mes jours. Chacun d'euxdans sa fuite eûtcherchédu secours. J'ai prévu cepéril, et, pour mieuxm'en défendre. De peur d'être suspect, j'ai voulu nie le rendre; Et demandant la mort, cette ardeur de périr .\ détruit les soupçons où je semblais ni'offrir.
MUTIAN.
J'en vois l'heureux effet; mais enfin ma surprise C'est qu'eu secret Zenon trahissant l'entreprise. Tout ait à vos souhaits si bien su s'accorder. Que Félix par votre ordre ait pu le poignarder. J'ai tremble autrefois quand j'ai su la disgrâce Qui contraignait Félix d'avouer son audace; Je vous croyais perdu le voyant arrêté.
STII.ICON.
Non, non, avant le coup tout était concerté. Pour fuir tous les soupçonsqueje voyais à craindre, Mes soins n'avaient été que de l'instruire à feindre. Et nous étions d'accord que s'il était surpris. Après quelque menace il accusât mon fils. J'en ai tiré ce fruit, que par ces artifices. Feignant à l'empereur de nommer les complices. Il a fait arrêter tous ceux dont au palais J'aurais pu craindreobstacle au dessein que je fais. Ainsi d'Eucliérius j'ai refusé la grâce. Sur que demain au trône il pourra prendre place ; Et si dans un bonheur à mon espoir si doux Placidie ose encor... Mais elle vient à nous. Retourne, Mutian, c'est en toi que j'espère. Et la présence ailleurs |)eutin'être nécessaire.