SCÈNE VIII HONORIL'S, PL.\CIDIE, LUCILE
HOXOHILS.
Ma sœur, quel coup de foudre 1 ; Abimé tout à coup daus un gouffre d'ennuis, i Abandonné, trahi, sais-je encor qui je suis'?
Je perds Euchéi-ius, et ma douleur amère, (Cherchant son assassin, le trouve dans son père. 0 rigueur du destin à ma |)eine endurci ! C'est le pei'drc deux fois, que de le perdre ainsi. Uans l'arièt où déjà je me crois voir contraindre, Fous deux également rendent mon sort à plaindre ; El je les vois tous deux, pour surcioil de douleur, L'un m'exposer son crime, et l'aulre son malheur. Fut-il jamais un mal comme le mien extrême'? Je chéris Slilicon à l'égal de moi-même; Et de cette tendresse où vole tout mon cœur, .Vu seul Euchérius je partage l'ardeur, l'iein de ces sentiments, un revers efi'royable Me fait voir le fils mort, et le père coupable; Et sa fatalité qu'on n'a su prévenir.
Quand j'ai l'un à pleurer, m'offre l'autre à punir. 0 toi, dont la vertu toujours brillanle et [lure Presse mon amitié de venger ton injure. D'un si cruel devoir daigne me dispenser, Ou me donne du sang que je puisse verser! Si c'est le criminel qui te doit satisfaire, Je ne trouve à t'ofîrir que celui de ton père; Et son crime à punir, dans ton funeste sort, Passe toute l'horreur où me plonge ta mort. .\h ! que n'a-t-on souffert qu'aux dépens de ma vie Lu coupable si cher assouvit sou envie"? Ce revers eût peut-être été moins important, Il vivrait satisfait, je serais mort content. Cette triste grandeur, dont l'éclat me demeure. Ne vaut pas l'embarras, ni la mort que je pleure. .Mais où m'ont emporté ces regrets superflus, Taudis que Slilicon...