‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 703 sur 1518 · SCÈNE VI HÈSIONE, SOSTRATE, SOSIME · texte numérisé non relu

SCÈNE VI HÈSIONE, SOSTRATE, SOSIME

SOSTRATE

Madame, elle nous quitte. 0 cœur impitoyable! Pouvais-jecraiudre, hélas! un sort plus elTroyablc? Princesse...

HÉSIONK.

Va, c'est trop, quitte ce désespoir, Sostrate, ton amour a bien fait sou devoir. Pour vaincre les malheurs dont je suis poursuivie. Tu m'as aveuglément sacrifié ta vie.

Si les dieux ont trahi ton espoir et le mien, N'en étant point garant, je ne t'impute rien; Calme ces déplaisirs à qui ta raison cède.

SOSTRATE

Ne me consolez point, mes maux sont sans remède; Et quand le ciel s'obstine à me pousser à bout, Madame, c'est à moi de répondre de tout.

HÉSIONE

Si, pour l'obtenir grâce, api'ès ton entreprise, A l'hymen d'un tyran la reine s'autorise. C'est parla que les dieux, peut-être, ont résolu De remettre en mes mains le pouvoir absolu. Tout le peuple en secret plaignant ma destinée. De Sinorix pour moi souhaite l'hyménée; Et nous verrons du sang, sans doute, répandu. S'il voit qu'elle partage un trône qui m'est dû. Conserve-moi ton zèle, et, pour heureux présage. Vois ta princesse ferme au milieu de l'orage. Adieu. Je vais agir ; cependant, souviens-toi Que tu peux, si je règne, espérer tout de moi.

SOSTRATE, SOSIME.

SOSTRATE

Quel espoir oii je vois abime sur abîme,

Où les dieux irrités, où la reine... ah ! Sosime!

SOSIME.

Seigneur, si la pitié que j'ai de votre sort...

SOSTRATE

Allons, et, s'il se peut, qu'on me mène à la mort.

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