SCÈNE I SOSTRATE, SOSIME
SOSTRATE
Quoi, d'un si dur revers ma disgrâce est suivie, Sosime, et, malgré moi, l'on me laisse la vie?
SOSIME. [effort
Seigneur, vous plaignez-vous, quand cet illustre Vous épargne l'horreur d'une honteuse mort"? Sinorix a donné sa vengeance à la reine; Mais, après ce triomphe obtenu sur sa haine. Ce qui suit, quoique juste, étonnant vos désirs, Vous contraindra, sans doute, à pousser des soupirs.
SOSTRATE
Je sais quel coup affreux la fortune me garde. La reine...
SOSIMU.
Ce malheur n'a rien qui la regarde. C'est à votre amour seul ([u'il s'offre à redouter. La princesse tantôt a voulu s'emporter; « Contre l'ambitiou d'une reine infidèle, [relie? » Peuple, » a-t-elle crié, " prendras-tu ma que- « C'est pour la couronner que, me manquant de foi, « Un tyran a trahi la fille de ton roi. « [en place, Par ces mois pleins d'ardeur, allant de place Dansles cœurs les plus froids ellea mis del'audacc; Et les aurait contraints, peut-être d'éclater, Si soudain Sinorix ne l'eût fait arrêter. Dans son appartement il la tient prisonnière; Et, comme on ne peut rien sur une âme si flère, Je crains que cet effort, imprudemment tenté, Ne le force à l'exil qu'il avait arrêté.
SOSTRATE
Mais la reine, Sosime, à quand son hyménée?
SOSIME.
La pompe vient, seigneur, d'en être terminée.
SOSTRATE
Quoi, c'en est déjà fait? Ah, destins ennemis! La reine est mariée, et les dieux l'ont permis. Au moins, dis-moi, Sosime, en cette rude atteinte Ce qu'elle a témoigné de douleur, de contrainte. C'est pour moi qu'à l'hymen son cœur violenté...
SOSIME.
Cessez, cessez, seigneur, d'en être inquiété. Dans les biens les plus grands que le ciel nous en- Jamais sur un visage on n'a vu plus de joie, [voie, Tandis que Sinorix donne ordre aux factieux. Dans le temple enfermée elle invoque les dieux, Où, sitôt qu'il parait, se voyant sans rivale, Elle fait apporter la coupe nuptiale, Baise le sacré vase; et, s'approchant du roi, « Dieux », dit-elle, « soyez les témoins de ma foi. " Là, pour suivre nos lois, le portant à sa bouche, , On connaît dans ses yeux le plaisir qui la louche; !