‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 705 sur 1518 · CAMMA, ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

CAMMA, ACTE V, SCÈNE III

Et le roi que possède un transport éclatant. Prend do sa main le vase et l'imite à l'iustanl. Vers le grand prêtre alors l'un ctl'autre s'avance; Onvoitcroitre leiirjoicoù leur lionheurcomnienco; Et c'est là qu'aussitôt, s'étant donne la toi, L'hymen tout glorieux les unit sous sa loi. Jugez par là, seigneur, si vous avez à craindre Que la reine pour vous ait voulu se contraindre; Elle aspirait au trône, et, par de si beaux nœuds, En vous sauvant la vie, elle a rempli ses vœux. Il est doux d'obliger quand on gagne un empire.

SOSTRATE

Ah! Sosinio, c'est trop, soufTre que je respire; Si mes maux sont si grands, laisse-moi l'ignorer, Et ne l'obstiné point à me désespérer.

Avec tant de vertu, serait-il bien possible Qu'aux douceurs d'un faux charme on se rendit sen- Et que, pour s'assurer un indigne pouvoir, [siblc, On renonçât à tout, à la gloire, au devoir? Non, non, cette pensée est lâche et criminelle. Je la dois mieux connaître, elle a l'àme trop belle. C'est moi qui l'ai contrainte à ce funeste effort; Mais elle est mariée, et je ne suis pas mort. C'est ici, mes douleurs, que j'implore votre aide, Peignez-moi bien l'horreur du mal qui me possède, La reine est mariée, et, pour finir mes jours, Mon désespoir n'attend que ce triste secours.

SOSIME.

Que dites-vous, seigneur,el que vieas-jed'entendre?

SOSTRATE

Ce qu'au roi, ce qu'à tous il faut enfin apprendre; Dans les maux où le ciel a voulu m'exposer, Qui n'espère plus rien, n'a rien à déguiser.

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